Une menace terroriste en hausse malgré les revers stratégiques
Les Nations unies viennent de tirer la sonnette d’alarme : la menace représentée par le groupe État islamique (Daech) ne faiblit pas en Afrique, bien au contraire. Dans un rapport présenté devant le Conseil de sécurité, le secrétaire général Antonio Guterres met en lumière l’expansion persistante de Daech, notamment au Sahel et dans la région du lac Tchad. Ces zones, devenues des foyers majeurs d’activité djihadiste, illustrent une mutation stratégique du groupe.
Malgré l’affaiblissement de sa direction centrale, Daech conserve une capacité de nuisance redoutable grâce à ses branches locales, qui gagnent en autonomie et en efficacité. Cette décentralisation lui permet de s’adapter aux contextes régionaux et de poursuivre ses activités malgré les pressions militaires.
Le Sahel et le lac Tchad, épicentres d’une radicalisation persistante
Le rapport de l’ONU désigne clairement le Sahel et le bassin du lac Tchad comme les principaux théâtres de cette expansion. La Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), filiale la plus active de Daech, y mène des opérations de plus en plus audacieuses. Les experts soulignent une montée en puissance de ses capacités militaires, notamment grâce à l’utilisation de drones commerciaux pour des missions de surveillance et d’attaque.
En République démocratique du Congo (RDC) et au Mozambique, les groupes affiliés à Daech continuent également de semer la terreur. Malgré les contre-offensives des forces locales et régionales, ces mouvements maintiennent leurs offensives, recrutent activement et renforcent leurs réseaux sur le terrain.
Daech : une organisation en mutation, une menace décentralisée
L’ONU révèle que Daech a profondément repensé son fonctionnement pour survivre aux campagnes militaires internationales. « Le groupe a subi des pertes significatives, mais il a su se réinventer en une structure décentralisée, où chaque filiale opère avec une grande autonomie tout en partageant une idéologie commune », explique Oguljeren Niyazberdiyeva, représentante du Bureau des Nations unies contre le terrorisme (UNOCT).
Cette évolution permet à Daech de mieux exploiter les faiblesses institutionnelles, les conflits prolongés et les crises socio-économiques pour étendre son emprise. Les Nations unies alertent sur la capacité du groupe à tirer profit des vulnérabilités locales pour recruter, financer ses activités et organiser des attaques.
Les nouvelles technologies, armes redoutables du terrorisme
Le rapport souligne l’utilisation croissante des technologies modernes par Daech. Intelligence artificielle, plateformes numériques, communications chiffrées, actifs virtuels et drones sans pilote : ces outils sont désormais au cœur de la stratégie du groupe. « Daech adapte ses méthodes de propagande, de recrutement, de financement et de planification grâce à ces innovations », précise le document.
Face à cette menace, l’ONU insiste sur la nécessité d’un renforcement de la coopération internationale et d’un dialogue approfondi avec les acteurs technologiques. L’objectif ? Établir une gouvernance plus stricte de ces outils pour limiter leur exploitation par les groupes terroristes. Cependant, le rapport rappelle que ces mêmes technologies pourraient aussi devenir des leviers puissants de prévention et de lutte contre le terrorisme, à condition d’être utilisées dans le respect du droit international.
Un appel à l’action collective pour contrer la menace
Malgré les efforts internationaux, Daech reste une menace majeure pour la paix et la sécurité mondiales. Le groupe a su transformer ses défaites militaires en une résilience opérationnelle, prouvant qu’il est loin d’être vaincu. « La pression exercée contre Daech a affaibli sa capacité à organiser des attaques complexes à l’échelle internationale, mais elle n’a pas fait disparaître la menace », rappelle Oguljeren Niyazberdiyeva.
Pour les Nations unies, la lutte contre le terrorisme exige une approche globale, combinant actions militaires, coopération régionale et innovation technologique. Une mission complexe, mais indispensable pour préserver la stabilité en Afrique et au-delà.
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