25 septembre 2026

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Sénégal : après la brouille avec Sonko, ce que Diomaye Faye laisse entendre sur la dissolution

La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko continue de produire ses effets. Le chef de l’État sénégalais a ouvert une porte que beaucoup pensaient verrouillée : celle d’une dissolution de l’Assemblée nationale, désormais présidée par son ancien allié. Une sortie qui suscite déjà de vives réactions dans le landerneau politique et pose une question centrale : jusqu’où cette crise peut-elle aller ?

Une réponse qui en dit long sur l’état des relations institutionnelles

Interrogé à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Bassirou Diomaye Faye n’a pas écarté l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale. « Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ? », a-t-il lancé, selon des propos rapportés par plusieurs médias internationaux. Une manière de rappeler qu’il dispose de cet outil, sans pour autant l’actionner dans l’immédiat.

Le président sénégalais a toutefois pris soin de ne fixer ni calendrier ni échéance électorale. « Tout est question de nécessité ou de contexte. Le moment venu, selon ce qu’on aura en face, on décidera », a-t-il précisé. Une formule qui entretient le flou et maintient la pression sur une Assemblée dominée par le Pastef, le parti de son ancien Premier ministre.

La rupture avec Ousmane Sonko assumée sans détour

Cette prise de parole intervient après une séparation politique que le chef de l’État a cette fois clairement nommée. Revenant sur le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre, Bassirou Diomaye Faye a évoqué des « divergences persistantes sur certains sujets ». « Quand cette rupture de confiance a persisté, je me suis choisi un autre Premier ministre », a-t-il expliqué.

Il a néanmoins tenu à écarter l’idée que les discussions avec le Fonds monétaire international aient été la cause directe de leur séparation. Une précision qui suggère que le désaccord était plus profond et probablement antérieur aux négociations financières.

Le Parlement, nouveau théâtre de l’affrontement

Le conflit s’est déplacé sur le terrain parlementaire. Ousmane Sonko a pris la présidence de l’Assemblée nationale après avoir quitté le gouvernement, ce qui lui confère un rôle déterminant dans l’examen des textes portés par l’exécutif. Interrogé sur un possible rejet de la loi de finances rectificative par les députés du Pastef, Bassirou Diomaye Faye a renvoyé chaque institution à ses responsabilités : « Chacun assume ses responsabilités et le peuple arbitre. »

Une réponse qui sonne comme un avertissement à peine voilé. Aux accusations de trahison formulées par certains membres de son ancien parti, le président a opposé son engagement à la tête de l’État. « La seule chose que je suis susceptible de trahir, c’est mon serment », a-t-il déclaré. La suite de l’affrontement dépendra notamment de la manière dont l’Assemblée accueillera les mesures budgétaires du gouvernement.

Macky Sall à l’ONU : un soutien qui interroge

Autre sujet qui a fait réagir : le soutien réaffirmé de Bassirou Diomaye Faye à la candidature de son prédécesseur Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Malgré les doutes exprimés sur ses chances, le président sénégalais estime que « les jeux restent ouverts » et affirme discuter avec les membres appelés à peser sur le choix.

Pour justifier cette position, il met en avant l’expérience internationale de Macky Sall et la représentation de l’Afrique à l’ONU. « Qui est de mieux aujourd’hui pour défendre une meilleure place de l’Afrique que le président Macky Sall ? », a-t-il demandé. Un argument qui s’appuie aussi sur la question de la dette, au cœur des difficultés financières actuelles du Sénégal. Selon lui, Macky Sall a « subi les affres de la dette », une expérience qui le rendrait apte à défendre une réforme de l’architecture financière internationale.

Cette prise de position, qui ne manquera pas de faire réagir jusque dans les rangs de son propre camp, illustre la complexité des équilibres politiques actuels au Sénégal. Entre rupture assumée et soutien inattendu, Bassirou Diomaye Faye avance sur une ligne étroite, dont les prochaines semaines diront si elle peut tenir.