Le président togolais expose une vision audacieuse pour repenser les relations euro-africaines
Le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé a pris part, en juin 2026, au sommet FII PRIORITY Europe, une plateforme majeure dédiée aux enjeux de réindustrialisation, de résilience des chaînes logistiques et d’adaptation du marché du travail à l’ère de l’intelligence artificielle.
Lors de cette rencontre internationale, le chef de l’État togolais a défendu avec force l’idée d’une refonte complète des relations entre l’Europe et l’Afrique. Son plaidoyer s’est articulé autour de trois piliers : des intérêts stratégiques communs, des investissements productifs ciblés et une meilleure gestion des interdépendances économiques entre les deux continents.
Repenser la coopération : vers des partenariats stratégiques et mutuellement bénéfiques
Dans son allocution, Faure Gnassingbé a mis en lumière l’évolution des défis auxquels l’Europe et l’Afrique font face. Dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques croissantes et une compétition économique accrue, les modèles traditionnels de coopération, fondés sur l’aide ou l’assistance, ne sont plus adaptés aux réalités actuelles.
Le président togolais a insisté sur la nécessité de passer d’une logique d’aide à une dynamique de partenariat stratégique. « Il ne s’agit plus de parler d’aide ou de coopération classique, mais de construire une relation plus équilibrée, où chaque continent trouve son intérêt », a-t-il déclaré.
Pour lui, l’enjeu est de bâtir des alliances capables de répondre aux défis contemporains, notamment en matière de souveraineté économique, énergétique et technologique. Ces partenariats doivent permettre aux deux continents de renforcer leur résilience face aux chocs externes et de tirer parti de leurs complémentarités naturelles.
L’autonomie stratégique, une opportunité pour une collaboration renforcée
Le dirigeant togolais a présenté l’autonomie stratégique non pas comme une démarche de repli, mais comme une approche visant à mieux organiser les relations économiques entre les États. Les crises récentes ont démontré, selon lui, que les interdépendances doivent être repensées pour être plus sûres, équilibrées et prévisibles.
« L’autonomie stratégique ne signifie pas l’isolement, mais une meilleure maîtrise des flux économiques et technologiques », a-t-il précisé. Cette vision repose sur l’idée que l’Afrique et l’Europe peuvent tirer parti de leurs atouts respectifs pour créer un modèle de coopération inédit, fondé sur la confiance et la réciprocité.
Un partenariat gagnant-gagnant entre l’Europe et l’Afrique
Le président togolais a souligné que l’Europe recherche des partenaires fiables pour sécuriser ses approvisionnements et renforcer sa compétitivité, tandis que l’Afrique a besoin de capitaux, de technologies et d’infrastructures pour accélérer sa transformation économique. « Ces besoins ne s’opposent pas. Ils peuvent se renforcer mutuellement », a-t-il affirmé.
Selon lui, le partenariat euro-africain doit désormais être conçu comme une convergence d’intérêts stratégiques au bénéfice des deux continents. Cette approche permettrait à l’Europe de diversifier ses sources d’approvisionnement et à l’Afrique de valoriser ses ressources tout en développant une industrie locale compétitive.
Le Togo, un hub logistique et industriel en Afrique de l’Ouest
Lors de son intervention, Faure Gnassingbé a également mis en avant la stratégie nationale du Togo pour devenir une plateforme logistique, industrielle et commerciale de référence en Afrique de l’Ouest. Cette ambition repose sur plusieurs axes :
- La modernisation du port de Lomé, afin d’en faire un pôle d’attractivité pour le commerce régional et international ;
- Le développement de corridors régionaux pour fluidifier les échanges entre les pays de la sous-région ;
- La simplification des procédures douanières et la facilitation du commerce transfrontalier ;
- La digitalisation des démarches administratives pour améliorer l’efficacité et la transparence.
Le président togolais a rappelé que ces infrastructures ne profitent pas uniquement au Togo, mais contribuent également à renforcer la résilience économique de toute l’Afrique de l’Ouest. Elles offrent des opportunités pour les investisseurs et les entreprises souhaitant s’implanter dans la région.
L’Afrique en quête de transformation et de création de valeur
Le chef de l’État togolais a réaffirmé la volonté de l’Afrique de dépasser son rôle de simple fournisseur de matières premières. Le continent aspire désormais à devenir un espace de production, de transformation et d’innovation, capable de générer davantage de valeur localement.
« Une Afrique plus industrialisée et mieux intégrée représenterait une opportunité majeure pour l’Europe et les investisseurs internationaux », a-t-il souligné. Cette transformation permettrait non seulement de réduire la dépendance aux exportations de matières premières, mais aussi de créer des emplois et de stimuler la croissance économique sur le continent.
Le Togo mise sur sa visibilité internationale pour attirer les investisseurs
La participation du Togo au sommet FII PRIORITY Europe a été l’occasion de promouvoir les atouts logistiques, industriels et financiers du pays auprès des décideurs économiques mondiaux. Pour Lomé, cette présence internationale s’inscrit dans une stratégie plus large visant à attirer davantage d’investissements, à nouer des partenariats structurants et à consolider son positionnement comme hub économique régional.
Le sommet a réuni des personnalités de premier plan, dont Yasir ben Othman Al-Rumayyan, président du Conseil d’administration du Future Investment Initiative Institute, et Richard Attias, fondateur et président du Comité exécutif de l’institution. Ils ont échangé avec des dirigeants politiques, des investisseurs et des responsables d’institutions financières internationales, confirmant l’importance accordée à cette rencontre pour façonner les relations économiques futures entre l’Europe et l’Afrique.
Plus d'histoires
Procureur et mensonge économique : la parole publique sous haute surveillance
Réforme constitutionnelle en RDC : Lubumbashi donne son avis sur l’adaptation de la loi fondamentale
Réaction officielle du gouvernorat du haut-uele face aux accusations de connivence avec corneille nangaa