25 septembre 2026

Voix Panafricaine

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Après la présidence béninoise du CPS : le bon voisinage s’installe au cœur des réponses sécuritaires en Afrique

La présidence béninoise du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine a livré ses premiers enseignements. En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Bénin a dirigé, mercredi 23 septembre 2026 à New York, la 1369e réunion ministérielle du CPS. Une séance qui pourrait bien redessiner les contours de la coopération sécuritaire sur le continent, tant les orientations défendues par Cotonou semblent appelées à peser sur les prochains rendez-vous diplomatiques.

Placée sous le thème « Bon voisinage et réponses régionales aux défis en matière de sécurité et de terrorisme en Afrique », la rencontre a rassemblé les représentants des États membres du Conseil, des organisations régionales et des partenaires internationaux. La Ministre des Affaires étrangères, Madame Corinne Amori Brunet, a conduit les débats aux côtés du Président de la Commission de l’Union africaine, Monsieur Mahmoud Ali Youssouf, et du Commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, Monsieur Bankole Adeoye.

Une approche qui bouscule les réflexes diplomatiques

Dès l’ouverture des travaux, la cheffe de la diplomatie béninoise a posé un principe simple : les frontières africaines, si elles délimitent des souverainetés, n’en demeurent pas moins des espaces de vie partagés. Commerce, liens familiaux, échanges culturels : les populations frontalières tissent au quotidien une réalité que les réponses sécuritaires ne peuvent ignorer. Lorsque l’insécurité s’installe dans ces zones, ses effets débordent nécessairement les limites d’un seul État.

Pour le Bénin, le bon voisinage ne saurait rester un slogan. Il doit se traduire par des actes : présence effective de l’État dans les territoires frontaliers, circulation rapide de l’information entre services, coopération entre forces de sécurité et autorités judiciaires, et préservation des échanges transfrontaliers légitimes dont dépendent des milliers de familles.

Cette ligne s’inscrit dans la diplomatie de voisinage portée par le Président de la République, Monsieur Romuald Wadagni, qui érige le dialogue avec les pays voisins et la coopération régionale en piliers de l’action extérieure béninoise.

Ce que la séance change pour les prochaines échéances

La Ministre Corinne Amori Brunet a défendu une idée forte : cette coopération de proximité doit pouvoir survivre aux turbulences politiques entre États. L’enjeu, selon elle, n’est pas de multiplier les cadres institutionnels, mais de mieux articuler les mécanismes existants et de les adapter aux réalités concrètes des territoires. Une approche pragmatique qui pourrait faire école dans les prochaines discussions du CPS.

La réunion a également replacé au centre du débat le rôle des communautés vivant dans les zones frontalières, et singulièrement celui des femmes. Leur connaissance fine des réalités locales et leur proximité avec les populations constituent, aux yeux de Cotonou, des atouts décisifs pour détecter les tensions, prévenir les crises et éclairer les décisions en matière de paix et de sécurité.

Cette orientation prolonge directement le deuxième séminaire ministériel de haut niveau du processus de Swakopmund consacré à « Femmes, Paix et Sécurité », tenu à Cotonou les 9 et 10 septembre 2026. La réunion new-yorkaise établit ainsi un pont entre la participation des femmes et les enjeux de prévention dans les territoires frontaliers.

Les retombées attendues pour la suite de la séquence diplomatique

À travers cette réunion ministérielle, le Bénin consolide les priorités qu’il a portées durant sa présidence du CPS au mois de septembre : prévention des crises, prise en compte des réalités de terrain, participation accrue des femmes et renforcement de la coopération entre États voisins. Autant de dossiers qui devraient continuer de structurer les échanges au sein de l’instance.

La séquence diplomatique béninoise à New York se poursuivra le lundi 28 septembre avec l’intervention de la Ministre des Affaires étrangères à la tribune des Nations unies, dans le cadre du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale. Un rendez-vous qui permettra de mesurer si l’appel au bon voisinage lancé par Cotonou trouve un écho auprès des autres capitales africaines.