25 septembre 2026

Voix Panafricaine

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Kemi Seba protégé : les réactions en cascade qui menacent le dialogue Niger-Bénin

Une protection qui fait réagir jusqu’à Cotonou

La décision de Niamey d’accorder le statut de conseiller spécial et un passeport diplomatique à Kemi Seba, ressortissant béninois recherché par la justice de son pays, suscite des réactions en chaîne. Alors que le Niger vient de déchoir provisoirement de leur nationalité plusieurs de ses propres citoyens, ce choix envoie un signal fort à Cotonou et pourrait compromettre les efforts de rapprochement entre les deux voisins.

Les faits : un activiste sous protection nigérienne

Kemi Seba, figure panafricaniste connue pour ses positions hostiles à l’influence occidentale, a été arrêté en Afrique du Sud en avril 2026. Le Bénin réclame son extradition dans le cadre d’une affaire liée à la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Les autorités béninoises lui reprochent d’avoir soutenu les putschistes et ont émis des mandats d’arrêt contre lui.

Depuis, Kemi Seba s’appuie sur son passeport diplomatique nigérien et son statut de conseiller spécial du général Abdourahamane Tiani, obtenus en 2024, pour tenter d’échapper à la justice béninoise.

Un contraste qui interpelle : Nigériens déchus, Béninois protégé

Le 17 septembre 2026, le général Tiani a signé un décret déchéant provisoirement de leur nationalité nigérienne cinq personnes, dont l’ancien Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou. Ces mesures, fondées sur une ordonnance de 2024, portent à 25 le nombre de personnes touchées. Les autorités nigériennes invoquent la défense des intérêts fondamentaux et la sécurité nationale.

Human Rights Watch a exprimé de sérieuses préoccupations concernant ces déchéances, qui soulèvent des questions sur les garanties procédurales. Dans ce contexte, la protection accordée à un ressortissant étranger recherché par un pays voisin apparaît comme un paradoxe politique majeur.

Des réactions politiques en cascade

À Cotonou, la situation est suivie de près. Le maintien d’un lien institutionnel entre Niamey et un homme accusé d’atteinte à la stabilité du Bénin ne peut qu’alimenter les inquiétudes. Les autorités béninoises, qui ont engagé une procédure d’extradition, observent avec attention la position nigérienne.

Cette affaire intervient alors que les deux pays tentaient de renouer le dialogue après des années de tensions. La visite du président béninois Romuald Wadagni à Niamey le 2 juin 2026 avait été présentée comme un signe de réchauffement. Mais le dossier Kemi Seba pourrait fragiliser ces avancées.

Quelles perspectives pour la réconciliation Niger-Bénin ?

La normalisation entre Niamey et Cotonou ne pourra pas reposer uniquement sur des rencontres officielles. Elle exigera des gestes concrets de confiance. Or, la protection accordée à Kemi Seba complique cette dynamique.

Le Niger défend ses choix souverains, le Bénin poursuit ses procédures judiciaires, et l’Afrique du Sud reste maîtresse de sa décision d’extradition. Mais politiquement, une réalité s’impose : tant que Niamey maintiendra ce lien privilégié avec un homme recherché par Cotonou, la confiance entre les deux pays restera fragile.

L’avenir du rapprochement dépendra de la capacité des deux États à dépasser cet obstacle et à démontrer que leur coopération ne s’arrête pas aux déclarations d’intention.