15 mai 2026

Voix Panafricaine

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Arrestation d’un Français au Sénégal pour homosexualité : la France en alerte

Un ressortissant français détenu au Sénégal pour son orientation sexuelle : l’État français mobilisé

Le drapeau du Sénégal flottant au vent. (photo illustrative)

Un ressortissant français a été placé en détention au Sénégal début février pour des motifs liés à son homosexualité. Les autorités locales l’accusent d’« actes contre-nature », d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux et de tentative de transmission du VIH. Cette affaire s’inscrit dans le cadre d’une série d’arrestations récentes ciblant des personnes LGBT+ dans le pays.

Les services du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français, en lien permanent avec les services consulaires à Dakar, suivent attentivement l’évolution de cette situation. Le consulat a pu rendre visite au détenu à quatre reprises afin d’assurer sa protection consulaire. Par ailleurs, les autorités françaises maintiennent un dialogue constant avec sa famille pour les tenir informées.

Une loi sénégalaise controversée qui durcit les peines

Cette arrestation intervient alors que le Sénégal a récemment renforcé sa législation contre l’homosexualité. Depuis la promulgation d’une nouvelle loi le 31 mars dernier, les peines encourues ont été doublées : cinq à dix ans d’emprisonnement et des amendes pouvant atteindre 15 000 euros sont désormais applicables pour des actes jugés « contre-nature ».

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a justifié cette mesure en déclarant : « Tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe constitue un acte contre-nature. Nous allons donc le définir, car il n’y avait pas de définition claire auparavant. » Cette réforme s’accompagne d’une vague d’arrestations signalées par la presse locale.

Réactions internationales et défense des droits humains

Cette nouvelle législation a suscité une vive réaction de la part du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qui qualifie cette mesure de « profondément préoccupante » et de « bafouement des droits humains ».

La France, quant à elle, réaffirme son attachement aux droits humains et son opposition à toute forme de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Les autorités françaises ont exprimé leur soutien aux personnes LGBT+ menacées par cette loi et réitéré leur engagement en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité.

« La France rappelle son engagement en faveur de la dignité humaine et des libertés fondamentales. Aucune personne ne devrait être persécutée en raison de son orientation sexuelle. »