15 mai 2026

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Appel urgent pour la libre circulation au Mali face au blocus jihadiste

appel urgent pour la libre circulation au Mali face au blocus jihadiste

Alors que le Jnim étend son emprise sur le Mali, la capitale Bamako subit un blocus routier sans précédent depuis le 30 avril. Cette situation prive la ville, dépendante à 90 % des importations par voie terrestre, de denrées essentielles. Les conséquences pour les civils sont dramatiques, comme le souligne l’ONG Amnesty International dans un communiqué publié ce vendredi 15 mai.

Selon l’organisation, « ce blocus a des répercussions inacceptables sur le droit des civils à circuler librement et à accéder à des besoins vitaux comme la nourriture, les soins médicaux et la sécurité ». L’ONG dénonce également des attaques ciblées contre des convois civils, comme celui intercepté entre Bamako et Bougouni le 6 mai. Ces camions, transportant des fruits et non accompagnés de personnel ou matériel militaire, illustrent la violation du droit international humanitaire.

des zones entières sous contrôle djihadiste

Le nord et le centre du Mali subissent de plein fouet cette escalade. Des régions comme Ségou et Koulikoro, sur la rive gauche du fleuve Niger, sont désormais sous contrôle djihadiste. Les écoles ferment massivement, et la zakat est prélevée dans des centaines de villages. Fin janvier, plus de 2 300 établissements scolaires étaient déjà fermés, principalement dans ces zones.

À Kidal, sous le contrôle du Front de libération de l’Azawad (FLA) et de ses alliés du Jnim depuis fin avril, la situation est tout aussi préoccupante. Les frappes de l’armée malienne s’intensifient, tandis que les communications sont coupées. Une habitante témoigne : « On ne sait plus à qui faire confiance. Les coupures d’électricité et les difficultés de liaison téléphonique rendent la vie quotidienne insupportable. »

À Gao, malgré le contrôle gouvernemental, les prix flambent. Le kilogramme d’oignon, par exemple, a doublé. Les habitants, sous pression, sont contraints de se fier aux seuls communiqués officiels, alimentant un climat de méfiance généralisée.

une crise humanitaire et politique en escalade

Les experts s’accordent à dire que le Mali fait face à une crise multidimensionnelle. Ahmed Ould Abdallah, du centre 4S, insiste sur la nécessité d’un dialogue national : « Le gouvernement doit s’ouvrir à toutes les composantes du pays pour éviter une crise éternelle. Une négociation est indispensable pour dépasser les antagonismes actuels. »

Abdoulaye Sounaye, spécialiste des groupes djihadistes au Sahel, confirme cette analyse : « Les forces en présence, qu’il s’agisse de l’armée malienne ou des groupes armés, se préparent à une reprise des hostilités. Entre elles, les civils paient le prix fort. » Il ajoute que la solution passe par un retour à la table des négociations, malgré l’opposition officielle de Bamako à tout dialogue avec le FLA et le Jnim, qualifiés de terroristes.

Pourtant, des négociations secrètes ont déjà eu lieu entre les autorités militaires et le Jnim, notamment pour faciliter l’approvisionnement en carburant. Une contradiction qui souligne l’urgence d’une approche globale et transparente.

Face à cette situation explosive, la communauté internationale et les acteurs locaux doivent impérativement trouver un terrain d’entente. La stabilité du Mali en dépend.