25 septembre 2026

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Après la chute du carrefour de Djenné, le blocus du carburant redessine le rapport de force à Mopti

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La chute du carrefour stratégique de Djenné, survenue ce jeudi 24 septembre vers 12 h 10, heure locale, continue de provoquer des ondes de choc dans tout le centre du Mali. Au-delà de la perte militaire, l’événement met en lumière les conséquences profondes d’un blocus du carburant qui étrangle depuis des mois les opérations des Forces Armées Maliennes (FAMa) et de leurs alliés. Retour sur les réactions immédiates et les perspectives qui s’ouvrent dans une région sous haute tension.

Un assaut éclair qui fait basculer le carrefour de Djenné

Point névralgique de la RN6, reliant le sud au nord du pays, le carrefour de Djenné a été le théâtre d’une offensive d’une violence inouïe menée par les combattants du Jama’at Nusrat al-Muslimin (JNIM), groupe affilié à Al-Qaïda. En quelques minutes à peine, le poste militaire est tombé aux mains des insurgés, selon des sources locales concordantes. L’État-major général des Armées à Bamako n’a pas encore officialisé le bilan humain, mais celui-ci s’annonce très lourd.

Sur place, les assaillants se sont emparés d’un important lot d’équipements militaires : véhicules tactiques, armes lourdes et munitions. Des vidéos diffusées par le groupe montrent des hommes armés défilant au milieu des installations fumantes, exhibant leur butin de guerre. Cette nouvelle défaillance sécuritaire expose au grand jour les failles d’un dispositif militaire déjà mis à rude épreuve par les tactiques d’asphyxie du JNIM.

Le blocus du carburant, arme silencieuse mais dévastatrice

Si la rapidité de la chute du camp interpelle, les observateurs pointent surtout la crise logistique qui paralyse les opérations dans le secteur. Depuis plusieurs mois, le JNIM a intensifié son étau économique et militaire sur la région de Mopti. En interceptant les convois de citernes sur les grands axes commerciaux reliant le Mali aux pays voisins, le groupe armé a instauré un véritable blocus sur le carburant.

Cette asphyxie énergétique frappe de plein fouet les capacités d’intervention rapide des FAMa et de leurs auxiliaires. Sans essence, les patrouilles de reconnaissance sont réduites au strict minimum, les blindés restent immobilisés dans les bases et le soutien aérien subit de lourds retards d’engagement. Une situation qui, selon les analystes, pourrait encore s’aggraver si rien n’est fait pour briser ce siège.

Africa Corps réclame d’urgence des dotations supplémentaires

Face à cette paralysie rampante, la tension monte d’un cran au sein du haut commandement. Selon des sources sécuritaires régionales, le contingent paramilitaire russe Africa Corps a formulé une demande pressante auprès des autorités de transition à Bamako pour une augmentation immédiate de leurs dotations en essence et carburant aérien.

Les officiers russes déplorent l’impossibilité de mener des contre-offensives efficaces ou d’assurer la couverture logistique des postes avancés sans un approvisionnement d’urgence réservé et sécurisé. Toutefois, dans un contexte où les réserves nationales de produits raffinés sont au plus bas à cause du blocus sur les axes routiers, satisfaire ces exigences relève du casse-tête stratégique.

Quelles perspectives pour Mopti et le centre du Mali ?

L’attaque du carrefour de Djenné illustre de manière dramatique la stratégie d’attrition menée par le JNIM : priver l’adversaire de sa mobilité pour mieux frapper ses points faibles isolés. Alors que le centre du pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’isolement, le gouvernement de transition fait face à un double défi : briser le siège énergétique imposé par les insurgés et maintenir la cohésion de son alliance militaire sur le terrain.

Dans les jours à venir, tous les regards seront tournés vers Bamako et ses partenaires pour voir si une réponse coordonnée peut enrayer la spirale. Mais une chose est sûre : sans solution rapide au blocus du carburant, d’autres positions pourraient tomber, fragilisant un peu plus l’emprise de l’État sur cette région stratégique.