Le Mali se positionne en pionnier en Afrique subsaharienne avec l’introduction du vaccin R21/Matrix-M, recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans les régions de Kayes et Mopti, cette initiative innovante marque un tournant dans la lutte contre le paludisme, une maladie qui touche particulièrement les enfants de moins de cinq ans.
Ce vaccin antipaludique, développé avec le soutien de l’OMS, de Gavi et de l’UNICEF, s’intègre au Programme Élargi de Vaccination (PEV) du pays. Son déploiement ciblé concerne 19 districts répartis dans cinq régions, dont Kayes et Mopti, afin d’évaluer son efficacité dans des zones à forte transmission. Cette stratégie s’appuie sur une méthode inédite en matière de prévention du paludisme.
Une méthode hybride pour une protection renforcée
Contrairement aux approches traditionnelles, le Mali mise sur une stratégie vaccinale hybride pour maximiser l’impact du vaccin R21/Matrix-M. Cette approche repose sur deux piliers essentiels :
- Un calendrier adapté à l’âge des enfants : Les doses sont administrées dès le plus jeune âge pour établir une immunité précoce.
- Une administration saisonnière optimisée : Les rappels sont planifiés avant la saison des pluies, période où la transmission du paludisme atteint son pic.
Kayes et Mopti : des zones pilotes sous surveillance renforcée
Le choix de Kayes et Mopti comme districts pilotes n’est pas anodin. Ces régions, parmi les plus touchées par le paludisme, permettent de tester la robustesse du système de santé malien face à cette nouvelle arme préventive.
À Mopti, la logistique a été un défi majeur, mais la coordination des acteurs locaux et internationaux a permis une distribution fluide et efficace. À Kayes, l’implication des communautés locales a joué un rôle clé dans le respect des rappels vaccinaux, garantissant ainsi l’efficacité du vaccin.
Un outil complémentaire, pas une solution miracle
Les autorités sanitaires maliennes rappellent que le vaccin R21/Matrix-M est un levier supplémentaire dans la lutte contre le paludisme, et non une solution exclusive. Pour une protection optimale, il doit être combiné avec d’autres mesures préventives :
- L’utilisation de moustiquaires imprégnées : Indispensables pour se protéger des piqûres de moustiques, surtout la nuit.
- La chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS) : Cette méthode, déjà déployée, agit en synergie avec le vaccin pour renforcer la protection des populations.
Vers une réduction durable de la mortalité infantile
L’objectif principal de cette campagne est de diminuer significativement le nombre de décès liés au paludisme chez les enfants de moins de cinq ans, la tranche d’âge la plus vulnérable. Si les résultats obtenus à Kayes et Mopti sont concluants, le vaccin sera étendu à l’ensemble du territoire national, marquant ainsi une avancée majeure dans la santé publique au Mali.
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