5 mai 2026

Une intelligence artificielle au secours de l’eau potable au Bénin

Un robot intelligent pour une ressource vitale

À Cotonou, l’ingénieure Marielle Agbahoungbata et sa start-up SSaFE révolutionnent l’accès à l’eau potable grâce à une innovation technologique inédite. Leur solution, un robot nommé Watt Air, repose sur l’intelligence artificielle pour purifier l’eau tout en s’adaptant aux besoins locaux. Une avancée qui pourrait bien redéfinir la gestion des ressources hydrauliques au Bénin.

Une technologie qui analyse et agit en autonomie

Contrairement aux méthodes traditionnelles, Watt Air ne se contente pas de filtrer : il comprend. Équipé d’un système d’IA sophistiqué, ce dispositif évalue la qualité de l’eau en temps réel. Selon les résultats, il détermine le traitement approprié : irrigation, usage domestique ou consommation humaine. Une approche qui optimise chaque goutte d’eau disponible, dans un contexte où les pénuries et les coûts s’aggravent.

« L’intelligence artificielle permet une précision inégalée dans l’utilisation des réactifs », explique Marielle Agbahoungbata. « C’est une économie de moyens et de temps, une solution chirurgicale pour préserver cette ressource précieuse. »

L’innovation au service de tous, y compris des non-lecteurs

L’un des défis majeurs au Bénin reste l’analphabétisme, notamment dans les zones rurales. SSaFE a relevé ce défi en intégrant une assistance vocale multilingue à son robot. Fon, Bambara, Swahili, Wolof… Peu importe la langue parlée, Watt Air répond et s’adapte. Une mère de famille, même sans instruction, peut ainsi recycler l’eau de sa lessive en discutant avec la machine.

« Notre objectif est de rendre la technologie accessible à tous, sans barrière linguistique », souligne la fondatrice. « L’IA doit servir l’humain, et non l’inverse. »

Sèmè City, berceau d’une solution made in Bénin

Né au cœur de Sèmè City, le pôle d’innovation de Cotonou, Watt Air est le fruit d’une collaboration entre chimistes et mathématiciens. Thierry d’Almeida, directeur de l’Institut de recherche du centre, insiste sur cette synergie : « Les défis africains nécessitent des solutions conçues en Afrique, par des Africains. »

Le projet a bénéficié d’un soutien financier de 30 000 dollars de l’UNESCO, preuve que les initiatives locales peuvent trouver un écho international. Une reconnaissance qui valide l’approche de SSaFE : innover en partant des réalités du terrain.

Un déploiement prévu pour 2027

Actuellement à l’état de prototype, Watt Air vise une commercialisation d’ici 2027. Pour concrétiser cette ambition, SSaFE recherche activement des partenaires et des financements. Une étape cruciale pour passer du laboratoire aux foyers béninois.

Marielle Agbahoungbata résume l’esprit de cette innovation : « La technologie doit être un levier d’égalité. Elle doit libérer du temps, protéger la santé et garantir que personne ne soit laissé de côté, quels que soient son niveau d’éducation ou sa langue. »