4 juin 2026

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Urgence humanitaire à Bamako après la destruction du site de Faladiè

Au Mali, le paysage urbain de la périphérie de Bamako a radicalement changé ce dimanche 19 avril. Les pelleteuses ont entièrement rasé le célèbre marché à bétail de Faladiè, laissant derrière elles un vide immense et une détresse humaine profonde.

Cette intervention radicale découle d’une directive de septembre 2024. Après les assauts terroristes menés par le Jnim contre des infrastructures militaires stratégiques, les autorités ont ordonné le déplacement des zones de commerce de bétail. Ces lieux étaient soupçonnés de servir de refuges à des éléments djihadistes. Cependant, le « garbal » de Faladiè n’était pas qu’un simple centre commercial ; il servait également de refuge à de nombreuses personnes fuyant les conflits internes.

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« Nous avons abandonné notre terre natale il y a six ans maintenant », confie Dado, une femme d’une quarantaine d’années originaire de Bankass, dans le centre du Mali. Elle avait rejoint la capitale en 2020 pour échapper à l’insécurité.

Un sentiment de sécurité brisé pour les familles

Pour Dado, qui vit avec sa mère et ses cinq enfants, Bamako représentait l’ultime rempart contre la violence. Aujourd’hui, ce rempart s’est effondré. Comme elle, environ 300 familles installées dans ce camp de fortune se retrouvent sans toit. Au total, ce sont plus de 2 000 individus, majoritairement des femmes et des jeunes enfants, qui errent au milieu des décombres, privés de nourriture et d’accès aux soins de base.

L’impasse de la relocalisation à Sanankoroba

Le plan gouvernemental prévoit de diriger ces populations vers Sanankoroba, une localité située à 35 kilomètres de la capitale. Bien qu’un espace y ait été officiellement aménagé, la réalité sur le terrain semble différente. Plusieurs acteurs du secteur de l’élevage qualifient ce nouveau site de « non fonctionnel ».

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Face à l’évidence, Dado ne conteste pas l’ordre de partir, mais elle implore une solution digne : « Nous acceptons de libérer les lieux, mais nous supplions que l’on nous offre une alternative réelle pour nous loger ».

Un autre déplacé souligne l’urgence absolue : « Ici, nous survivions en recyclant des déchets pour les éleveurs. Désormais, nous n’avons plus rien. Ni eau, ni nourriture. Mais le plus critique reste d’avoir un toit au-dessus de nos têtes ».

Depuis son ouverture en 2019, ce camp informel de Faladiè bénéficiait du soutien de diverses organisations humanitaires et d’une certaine reconnaissance des services étatiques. Interrogée sur cette crise soudaine, la Direction nationale du développement social a indiqué qu’il était encore prématuré de livrer une analyse officielle de la situation.