FILE - Chadian President Mahamat Deby Itno participates in his inauguration ceremony in N'djamena, Chad, May 23, 2024. (AP Photo/Mouta Ali, File)
Dans un geste fort de solidarité internationale, le Tchad s’apprête à envoyer un contingent de 1500 militaires en Haïti. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mission de sécurité des Nations unies visant à neutraliser la violence endémique des gangs qui paralyse la nation caribéenne. Cette contribution majeure marque une étape clé pour l’actualité Afrique francophone et illustre le rôle croissant des forces de défense du continent sur la scène mondiale.
Un engagement militaire tchadien d’envergure
Le président Mahamat Déby Itno a officiellement informé le Parlement tchadien de cette décision par voie de correspondance. Selon les détails fournis, deux bataillons, composés chacun de 750 soldats, seront mobilisés dès ce mois-ci pour une mission d’une durée initiale d’un an. Cette annonce confirme la volonté d’une Afrique souveraine de participer activement à la résolution des crises sécuritaires globales.
« Un premier groupe de 400 hommes a déjà rejoint le terrain en Haïti », a précisé le chef de l’État devant les députés. Pour le Tchad, cette mission est perçue comme un honneur national, mettant en lumière l’expertise de ses forces de défense et de sécurité au service de la paix.
Renforcement de la force multinationale sous mandat de l’ONU
L’année dernière, le Conseil de sécurité de l’ONU a validé l’élargissement de la force multinationale, initialement pilotée par le Kenya. Connue sous le nom de Force de répression des gangs, l’unité doit désormais atteindre un effectif de 5500 membres. Les prérogatives de ces troupes ont également été étendues, leur permettant désormais de procéder à l’interpellation de membres de gangs suspects, une capacité d’action qui manquait aux déploiements précédents.
Bien que lancée en 2023, la mission initiale dirigée par la police kenyane a souffert de contraintes budgétaires et d’un manque de personnel, rendant l’apport du Tchad crucial pour la stabilisation de la région.
Une crise sécuritaire critique en Haïti
La situation sur place demeure alarmante. Des organisations criminelles contrôlent désormais près de 90 % de Port-au-Prince, la capitale, ainsi que d’importantes zones dans le centre du pays. L’instabilité politique a atteint un point de rupture en 2021 avec l’assassinat du président Jovenel Moïse à son domicile.
L’urgence de l’intervention est soulignée par les récents massacres perpétrés par les bandes armées. Le mois dernier, le gang Gran Grif a mené une offensive meurtrière contre la ville de Petite-Rivière de l’Artibonite, causant la mort d’au moins 30 personnes et de nombreuses disparitions, selon les rapports des organisations de défense des droits humains. Le déploiement tchadien représente un espoir pour les populations civiles face à cette terreur quotidienne.
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