25 septembre 2026

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Réforme électorale au Sénégal : les réactions et perspectives après les propositions de Khalidou dit Mbaye Sokoma

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Les propositions de Khalidou dit Mbaye Sokoma sur la réforme électorale continuent de susciter des réactions et d’ouvrir des perspectives au Sénégal. Le président du Mouvement Patriotique pour un Développement Durable (MPPD) / AND DEFAR SUNU REEW plaide pour une transformation audacieuse du mode d’élection, une initiative qui pourrait bien redéfinir le paysage politique national et dont les retombées sont déjà perceptibles dans les débats.

Un système électoral à repenser

Le cadre actuel des élections législatives au Sénégal combine un scrutin majoritaire à un tour et une dose de proportionnelle. Sur les 165 sièges de l’Assemblée nationale, 112 sont attribués au scrutin majoritaire et 53 à la proportionnelle sur liste nationale. Au niveau local, le mode de scrutin panaché répartit 45 % de sièges majoritaires et 55 % de sièges proportionnels.

Pour Khalidou dit Mbaye Sokoma, ce dispositif présente des limites et doit être réexaminé afin que la composition des assemblées reflète fidèlement les suffrages exprimés par les citoyens.

Les axes de la réforme proposée

1. Vers un scrutin proportionnel intégral et un ancrage territorial renforcé

La proposition phare consiste à instaurer un scrutin proportionnel intégral pour les législatives et les locales, tout en préservant un lien étroit avec les territoires. Il ne s’agit pas uniquement de répartir les sièges selon le poids électoral des partis, mais de renouer le dialogue entre l’élu et ses électeurs. Les candidatures devraient s’ouvrir au-delà des appareils partisans, incluant les mouvements citoyens, les indépendants et, sous conditions strictes, la société civile et les services étatiques compétents. L’investiture prendrait ainsi racine dans les quartiers et les villages, valorisant l’implantation locale et la confiance populaire.

2. Redéfinir le statut du député : du parti au territoire

Le rapport entre citoyen, territoire et représentant doit être repensé. L’auteur insiste sur l’émergence de députés clairement identifiables par leurs administrés et redevables devant eux. Les partis politiques conserveraient un rôle d’accompagnement, sans monopole de la représentation : le « député d’un parti » céderait la place au « député choisi par les citoyens et porté par un territoire ».

3. Stabiliser et clarifier le scrutin local

Appliqué aux élections municipales et départementales, ce renforcement de la proportionnelle refléterait mieux la diversité des sensibilités politiques. Toutefois, cette ouverture doit s’accompagner de la stabilité des exécutifs locaux. Khalidou dit Mbaye Sokoma suggère d’instaurer un second tour lorsqu’aucune liste n’atteint la majorité absolue (50 %), afin de départager nettement les forces en présence, après une étude préalable des impacts juridiques et financiers.

4. Une administration électorale territorialisée

Pour parfaire le dispositif, l’organisation de proximité des scrutins pourrait s’appuyer davantage sur les préfets et sous-préfets, sous le contrôle du dispositif national et dans le respect de l’impartialité. Cette territorialisation favoriserait le dialogue avec les collectivités de base.

5. Le cas particulier de Kaolack : vers une nouvelle organisation de proximité

S’agissant de Kaolack, une ville qui s’étend sur près de 6 959 hectares (69,6 km²), structurée en 45 quartiers et abritant une population considérable (1 336 720 habitants selon le RGPH-5 de 2023), l’auteur préconise une approche spécifique. Compte tenu de son essor urbain et de son rôle économique, l’étude de la création de trois ou quatre communes d’arrondissement ou entités municipales de proximité est préconisée. Une telle mutation s’appuierait sur des critères rigoureux : démographie, infrastructures, bassins de vie, ressources fiscales et capacités administratives.

Réactions et perspectives : un débat national en gestation

Les propositions de Khalidou dit Mbaye Sokoma suscitent déjà des réactions contrastées. Si certains y voient une avancée démocratique majeure, d’autres s’interrogent sur leur faisabilité. L’appel à un grand débat national, pluraliste et documenté, vise à doter le Sénégal d’un système où chaque citoyen, chaque quartier et chaque village pèse véritablement dans la désignation des représentants. La suite des événements dépendra de la capacité des acteurs politiques et de la société civile à s’emparer de ces questions pour construire une démocratie plus représentative. Une dynamique qui pourrait inspirer d’autres pays d’Afrique francophone en quête de solutions pour renforcer la souveraineté populaire.