4 juin 2026

Voix Panafricaine

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Mobilisation citoyenne à Bamako pour la sauvegarde des libertés politiques au Mali

Le samedi 3 mai, les rues de Bamako ont été le théâtre d’une levée de boucliers citoyenne. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pour exprimer leur opposition farouche au projet de dissolution des formations politiques, une mesure attribuée aux autorités de transition. Ce mouvement de contestation s’inscrit dans un climat de tension marqué par une pression croissante sur les voix dissidentes.

Réunis au sein du Palais de la culture de Bamako, les manifestants ont fait résonner des slogans tels que « Vive la démocratie, à bas la dictature ! ». Cet appel, lancé par un regroupement de partis politiques, constitue une initiative rare dans le paysage actuel du Mali, où le régime dirigé par le général Assimi Goïta consolide son autorité.

Mali : manifestation à Bamako contre une possible dissolution des partis politiques

Au milieu des drapeaux et des pancartes, la foule a exigé le retour à l’ordre constitutionnel via l’organisation d’élections et le respect scrupuleux des libertés individuelles. Bien que surveillée de près par les forces de l’ordre, la manifestation s’est déroulée sans heurts majeurs, trouvant un écho important sur les plateformes numériques.

Une menace directe sur le pluralisme politique

L’inquiétude a grandi après l’abrogation, le mercredi 30 avril 2025, de la législation régissant les partis politiques. Pour beaucoup d’observateurs, cet acte juridique préfigure une interdiction pure et simple des structures partisanes. Cette décision fait suite à des assises nationales largement boudées par les forces d’opposition traditionnelles.

Les conclusions de ces concertations suggèrent non seulement la suppression des partis, mais préconisent également le maintien du général Assimi Goïta à la tête de l’État pour une durée de cinq ans renouvelable, sans passer par les urnes. Le sort de ces recommandations repose désormais entre les mains du chef de la transition, au pouvoir depuis les événements de 2020 et 2021.

Un contexte de restriction des libertés

Ce sursaut populaire est l’un des rares témoignages publics de mécontentement depuis l’installation durable de la junte. Ces dernières années, le Mali a vu se multiplier les procédures judiciaires contre les opposants, tandis que plusieurs organisations de la société civile ont été dissoutes et que la liberté de la presse subit de fortes contraintes.

Pourtant, le principe du multipartisme et les libertés d’association restent officiellement inscrits dans la Constitution de 1992, tout comme dans la nouvelle Loi fondamentale adoptée en 2023. Sur le plan diplomatique, le Mali, aux côtés du Burkina Faso et du Niger, a acté son retrait de la Cédéao pour fonder l’Alliance des États du Sahel (AES), marquant une rupture nette avec les instances régionales traditionnelles.