16 août 2026

Voix Panafricaine

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Marché de Médine à Bamako : où se fabriquent et s’échangent les solutions du quotidien

Sur les étals du tout nouveau marché de Médine à Bamako, Adama Konaté ne se limite pas à la vente de bicyclettes importées d’Europe, d’Amérique du Nord ou d’Asie. Il y assemble également de nouveaux modèles et en assure la réparation, transformant ce lieu en un véritable atelier à ciel ouvert de mobilité individuelle.

À quelques mètres de là, la place «Diguèbakonona» concentre une offre bien plus large : des accessoires automobiles côtoient des équipements agricoles souvent introuvables ailleurs. Les paysans et mécaniciens s’y approvisionnent en outils indispensables avant les semailles ou les réparations de véhicules.

Drissa Traoré, artisan installé depuis une année dans ce marché dynamique, propose quant à lui une gamme variée de produits manufacturés localement. «Je fabrique sur place des fourneaux améliorés, des coffrets de mariage traditionnels, des fours à pain ainsi que des broyeurs de graines d’arachide», explique-t-il. Son activité lui permet de subvenir aux besoins de sa famille avec stabilité, une situation qu’il juge bien meilleure qu’auparavant. «Les tarifs dépendent des spécifications de chaque article», précise-t-il, tout en encourageant les jeunes à adopter rigueur et persévérance dans leur travail.

Fousseyni Sangaré, spécialisé dans les équipements agricoles, confirme l’engouement pour ce type de marchandises. «Dès l’approche de la saison des pluies, les agriculteurs affluent pour s’équiper : charrues, dabas et autres outils de labour trouvent preneurs», observe-t-il. Cependant, il évoque des obstacles logistiques croissants : «Cette année, l’insécurité entrave la distribution vers certaines zones du pays, notamment dans les régions reculées. La majorité de mes stocks provient de Koutiala, mais mes clients réguliers persistent malgré la baisse de leur pouvoir d’achat», confie-t-il avec gratitude.

Adama Konaté, dont l’expérience dans la réparation et la vente de vélos dépasse désormais le quart de siècle, confirme la vitalité de ce marché. «J’ai commencé il y a 27 ans à assembler et réparer des bicyclettes. Aujourd’hui, je propose une large gamme adaptée à tous les budgets», souligne-t-il. Il attribue cette prospérité actuelle à la crise des carburants, qui pousse les Maliens à privilégier des alternatives de transport plus économiques.