Un 66e anniversaire sous le signe des réactions et des perspectives
Le 22 septembre 2026, Bamako a célébré le 66e anniversaire de l’indépendance du Mali. La cérémonie, présidée par le général d’armée Assimi Goïta, a donné lieu à une revue des troupes, un défilé des Forces de défense et de sécurité et une parade aérienne. Mais au-delà de l’événement protocolaire, cette édition a suscité des réactions et ouvert des perspectives quant à l’avenir de la Confédération des États du Sahel (AES).
Les retombées immédiates : entre symbole national et dynamique confédérale
À première vue, la fête nationale malienne reste une célébration de l’histoire et de la souveraineté de l’État. Le Mali avait déjà organisé des cérémonies similaires les années précédentes. Toutefois, le contexte régional actuel confère à cette édition une portée particulière, alors que le Mali, le Burkina Faso et le Niger se présentent comme les membres d’une même Confédération des États du Sahel.
Une célébration nationale avant tout
Le choix malien de maintenir une cérémonie nationale autour du 22 septembre ne constitue pas, en soi, une rupture avec l’AES. Les trois États continuent d’afficher des initiatives communes. Le 21 septembre, à la veille de l’ouverture de la 81e Assemblée générale des Nations unies, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger se sont réunis pour coordonner leur participation et défendre une position commune au nom de la Confédération. Quelques jours auparavant, des responsables maliens, burkinabè et nigériens participaient à Ouagadougou à des travaux consacrés aux ressources énergétiques et minières dans l’espace AES.
Les réactions : interrogations sur l’avenir de l’AES
Ces éléments compliquent l’hypothèse d’une disparition imminente de l’organisation. Mais une question demeure : le véritable sujet n’est peut-être pas le défilé militaire malien en lui-même, mais plutôt la place que les symboles nationaux conserveront dans une Confédération qui cherche progressivement à construire des mécanismes et une identité politiques communs.
Une confédération avec trois États souverains
Une Confédération peut-elle fonctionner avec trois États qui conservent pleinement leurs calendriers, leurs cérémonies, leurs armées et leurs symboles nationaux tout en développant simultanément une identité politique commune ? La réponse semble, pour l’instant, être oui. Le Mali continue de célébrer son indépendance. Le Burkina Faso et le Niger conservent eux aussi leurs propres fêtes nationales. Cela ne signifie pas automatiquement que l’AES est en train de disparaître. Mais cela rappelle une réalité essentielle : l’AES reste une construction politique entre États souverains, et non la disparition de ces États au profit d’un seul ensemble.
Les perspectives : au-delà des cérémonies
Pour juger de la solidité de l’AES, il faudra donc regarder au-delà des cérémonies et des défilés. Les prochains indicateurs seront plutôt la capacité des trois États à maintenir leurs engagements communs, à coordonner leurs politiques étrangères, à développer des projets économiques communs, à renforcer leur coopération sécuritaire et à donner un contenu concret aux institutions de la Confédération. C’est sur ces terrains et non sur la seule organisation d’une fête nationale que pourra réellement se mesurer la solidité du projet AES.
L’avenir de l’AES en question
Alors, le Mali qui célèbre son indépendance avec un défilé militaire est-il en train de prendre ses distances avec le Burkina Faso et le Niger ? À ce stade, rien ne permet de l’affirmer. Mais une autre question mérite d’être posée : l’AES parviendra-t-elle à construire une véritable identité commune tout en laissant à chacun de ses membres la liberté de continuer à célébrer son histoire nationale ? Est-ce le début de la fin de l’AES… ou simplement la preuve que chaque État conserve ses propres traditions nationales au sein d’un projet commun ? La réponse dépendra moins des cérémonies du 22 septembre que des décisions politiques et des actes qui seront posés dans les prochains mois.
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