3 juin 2026

Voix Panafricaine

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L’ONU lance un appel crucial pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre face à une crise humanitaire grandissante

L’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses partenaires lancent un appel urgent pour mobiliser 5,1 milliards de dollars, une somme vitale destinée à secourir 24 millions d’individus parmi les plus démunis en Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette requête s’inscrit dans un plan humanitaire global de 33 milliards de dollars pour l’année 2026.

Pour l’année 2026, on estime que plus de 42 millions d’habitants nécessiteront une assistance cruciale pour leur survie et leur sécurité dans des nations telles que le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, le Niger, le Nigéria, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Tchad.

Charles Bernimolin, qui dirige le Bureau régional d’OCHA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a vivement alerté : « L’absence de financement immédiat exposera les familles à une recrudescence de la faim, à des déplacements massifs et à des menaces accrues pour leur sécurité, intensifiant ainsi la souffrance humaine dans la région. »

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) confirme une intensification de la crise humanitaire en Afrique de l’Ouest et du Centre, affectant des millions de vies. Les violences incessantes, les conflits prolongés et les désastres écologiques forcent continuellement des populations à fuir leurs foyers et compromettent leur aptitude à subvenir à leurs nécessités fondamentales.

L’escalade de l’insécurité au Sahel central et dans le bassin du lac Tchad

La précarité sécuritaire au Sahel central, notablement au Burkina Faso, au Mali et au Niger, s’étend désormais au Bénin, à la Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo et à la Mauritanie. Simultanément, l’instabilité dans le bassin du lac Tchad et la guerre au Soudan exacerbent davantage les mouvements de population.

Des millions d’individus demeurent déplacés à travers la région, incluant 12,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et 3,7 millions de réfugiés ou demandeurs d’asile. Une majorité écrasante de ces personnes sont des femmes et des enfants, fréquemment contraints à des déplacements répétés et confrontés à des périls majeurs, tels que les violences basées sur le genre, l’exploitation, ainsi que des cas documentés de viols et de rapports sexuels de survie.

Tandis que les conflits armés prolifèrent, les effets du changement climatique exacerbent la fragilité des populations. En 2025, des précipitations torrentielles et des crues ont affecté plus de 2 millions d’individus dans une douzaine de pays, anéantissant les récoltes, dévastant les habitations et entravant l’accès aux établissements scolaires et aux structures de santé. La République démocratique du Congo a subi un impact particulièrement sévère, avec plus de 830 000 personnes directement touchées.

Conséquences désastreuses des réductions budgétaires humanitaires

En République centrafricaine, l’aide financière directe a été réduite de 75 % pour les bénéficiaires.

L’OCHA signale qu’en dépit d’une certaine générosité des donateurs en 2025, les missions humanitaires dans la région ont fait face à un manque de financement critique : sur un besoin estimé à 7,8 milliards de dollars, seuls 1,8 milliard ont été alloués, représentant un maigre 24 % des fonds nécessaires.

Ces lacunes financières ont forcé les acteurs humanitaires à restreindre leurs actions et à prendre des décisions déchirantes concernant les zones d’intervention prioritaires et les communautés les plus vulnérables à soutenir.

Les conséquences de ces coupes budgétaires se sont avérées dévastatrices. En République centrafricaine, par exemple, le volume d’aide monétaire directe a diminué de 75 %, entravant gravement la capacité des populations à satisfaire leurs besoins immédiats. De même, en République démocratique du Congo, où le conflit a engendré d’importants déplacements, 85 % des individus ciblés pour une assistance en matière d’abri n’ont reçu aucune aide.

Malgré ces restrictions, les organisations partenaires de l’aide humanitaire s’engagent à poursuivre leurs efforts pour répondre aux besoins les plus pressants en Afrique de l’Ouest et du Centre.

À l’horizon fin 2025, les équipes humanitaires auront fourni une forme d’assistance à environ 19 millions de personnes dans cette zone géographique. Cependant, les agences humanitaires ont souligné avec regret que « le déficit de financement a malheureusement empêché d’atteindre plusieurs millions d’individus supplémentaires ».