Libreville, 25 juin 2026 – Les pelleteuses s’apprêtent à entrer en action ce vendredi 26 juin dans le secteur de la Baie des Cochons, marquant le début des démolitions pour un vaste projet de modernisation urbaine. Ce chantier, situé dans le troisième arrondissement de la capitale gabonaise, est l’un des piliers de la politique d’aménagement voulue par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Au-delà de la simple rénovation routière, cette opération vise à transformer en profondeur la circulation, l’assainissement et l’intégration des quartiers de Libreville. Les zones concernées incluent Sipagel, le carrefour Léon Mba et le corridor longeant les installations de la SEEG jusqu’au rond-point de Petit-Paris. L’objectif affiché est de désenclaver une capitale en pleine croissance, mais le projet soulève aussi des défis sociaux majeurs : comment concilier modernisation et protection des habitants installés parfois depuis des décennies ?
Un projet structurant pour Libreville
La Baie des Cochons se trouve au cœur des flux économiques et humains de la ville. Cette position stratégique en fait un point de congestion chronique, entre le marché de Mont-Bouët, le centre-ville, le boulevard Bessieux et les quartiers périphériques. Le gouvernement prévoit la création d’un nouvel axe principal et de voies secondaires pour fluidifier les déplacements, améliorer l’accès au CHU de Libreville et renforcer les connexions avec Petit-Paris et Léon Mba.
Lors d’une visite sur le terrain le 23 juin, le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, a expliqué aux riverains que la libération des emprises publiques était une étape obligatoire avant le début des travaux par l’entreprise adjudicataire. Au-delà de la circulation, le projet inclut le curage des caniveaux, la réhabilitation d’ouvrages hydrauliques et la mise en place de nouveaux systèmes d’évacuation des eaux pluviales, pour lutter contre les inondations récurrentes qui touchent des milliers de riverains chaque année.
Les défis sociaux au cœur du chantier
Comme dans toute grande opération d’aménagement, les bénéfices futurs s’accompagnent de perturbations immédiates. Plusieurs familles occupent les espaces visés depuis longtemps, et certaines y ont développé des activités économiques vitales. Les démolitions suscitent donc des inquiétudes légitimes. L’expérience des projets urbains en Afrique montre que la réussite ne dépend pas seulement de la qualité des infrastructures, mais aussi de la gestion humaine de la transition.
Le ministère affirme avoir privilégié le dialogue avant le lancement des opérations. Les questions d’indemnisation, de relogement et de protection des activités locales seront déterminantes dans les semaines à venir. La capacité à maintenir un équilibre entre intérêt général et protection des populations affectées sera un test majeur pour les autorités.
Un test pour la modernisation gabonaise
La Baie des Cochons est devenue un symbole de la nécessaire adaptation de Libreville à sa croissance démographique et à ses défis environnementaux. Embouteillages chroniques, difficultés d’accès pour les secours, problèmes d’assainissement : ces freins au développement doivent être levés. Ce chantier est aussi un test politique : il évaluera la capacité de l’État à mener des réformes ambitieuses tout en préservant la cohésion sociale. Car une ville moderne ne se construit pas seulement avec du béton, mais aussi avec l’adhésion de ses habitants.
Les premiers coups de pelleteuse lanceront les travaux, mais c’est l’impact concret sur la vie quotidienne qui déterminera le véritable succès de cette transformation.
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