La controverse de la « ville verte » au Lac Rose : les habitants de Dakar se mobilisent

La pose de la première pierre d’un vaste projet immobilier au Lac Rose, près de Dakar, marque le début d’une initiative controversée au Sénégal. Malgré une forte opposition locale, les promoteurs s’apprêtent à lancer la construction de studios et villas de luxe, disponibles sur plan, pour ce qui est présenté comme une nouvelle « ville verte ».
L’État sénégalais, initiateur de ce développement, fait face à une mobilisation croissante. Ibrahima Mbaye, président du collectif « Arr Lac Rose » (signifiant « protéger le Lac Rose » en wolof), multiplie les actions : publications virales, rassemblements sur site et appels aux décideurs. Son objectif est clair : stopper un chantier qu’il juge destructeur. Selon lui, ce projet de « ville verte » met en péril l’équilibre écologique du site, essentiel pour la protection côtière et le maintien de 6 000 emplois liés directement au Lac Rose, incluant les ramasseurs de sel, les restaurateurs locaux et les acteurs du tourisme.
« L’appellation même de ‘ville verte’ est un leurre, une tentative de tromper la population en promettant une cité intelligente et écologique », affirme Ibrahima Mbaye. « Pour nous, résidents de cette zone, il est évident qu’une telle construction est irréalisable ici. Le site est caractérisé par ses dunes de sable et une bande de filaos plantée spécifiquement pour contrer l’érosion côtière et l’avancée de la mer. Les visiteurs ne viennent pas au Lac Rose pour admirer des immeubles imposants qui dénatureraient totalement son paysage unique. Si cela se produit, le tourisme disparaîtra inévitablement. »
De son côté, la société égyptienne Casa Orascom, en charge du développement, confirme que le projet avance comme prévu. La multinationale garantit sa capacité à « construire tout en préservant » l’environnement, s’appuyant sur des engagements écologiques formalisés avec le gouvernement sénégalais. Elle promet également un impact économique positif majeur, avec la création de 20 000 emplois, directs et indirects, générés par le chantier.
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