3 juin 2026

Voix Panafricaine

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Crise à la CAN 2025 : le Sénégal exige une enquête après le sacre sur tapis vert du Maroc

Le monde du sport est sous le choc après le revirement spectaculaire de la Confédération africaine de football (CAF). Deux mois après le sacre des Lions de la Teranga sur le terrain, l’instance a officiellement retiré le trophée au Sénégal pour l’attribuer au Maroc. Cette décision, perçue comme un séisme dans l’actualité Afrique francophone, transforme la victoire sénégalaise en une défaite 3-0 par forfait.

Soupçons de corruption et appel international

Face à ce qu’il qualifie de spoliation injustifiée, le gouvernement de Dakar n’a pas tardé à réagir. Par la voix de sa porte-parole, Marie Rose Khady Fatou Faye, l’exécutif a exigé l’ouverture d’une enquête internationale pour faire la lumière sur des soupçons de corruption au sommet de la CAF. Pour de nombreux observateurs de la tribune africaine, cette affaire porte gravement atteinte à l’intégrité du football continental.

La Fédération sénégalaise de football (FSF) a dénoncé une sentence inique et annoncé une procédure immédiate devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne. Abdoulaye Sow, secrétaire général de la FSF, a martelé que le trophée ne quitterait pas le sol sénégalais, affirmant que le combat pour la vérité et la dignité des peuples africains ne faisait que commencer.

Une finale sous haute tension à Rabat

L’origine du litige remonte au 18 janvier dernier, lors d’une finale électrique au stade Prince Moulay Abdellah. Alors que le score était de parité, un penalty litigieux accordé au Maroc en fin de match a provoqué l’ire des joueurs sénégalais. Sous l’impulsion de leur sélectionneur Pape Thiaw, les Lions ont brièvement quitté la pelouse en signe de protestation. Malgré cette interruption de quinze minutes et un climat délétère marqué par des projectiles en tribunes, la rencontre était allée à son terme. Brahim Diaz avait manqué son tir au but, tandis que Pape Gueye offrait finalement le titre au Sénégal d’une frappe magistrale (1-0).

Le règlement de la CAF au cœur du conflit

Pour justifier ce déclassement a posteriori, la CAF s’appuie sur les articles 82 et 84 de son code disciplinaire. Ces textes stipulent qu’une équipe quittant le terrain avant le coup de sifflet final sans l’autorisation de l’arbitre est automatiquement déclarée perdante. Le Maroc, de son côté, affirme n’avoir cherché que l’application stricte du règlement, rappelant la jurisprudence du Wydad Casablanca en 2019 face à l’Espérance de Tunis.

Au-delà de la bataille juridique, cette crise interroge les valeurs du panafricanisme et l’unité du sport sur le continent. Alors que des supporters sénégalais purgent encore des peines de prison suite aux débordements de la finale, le Sénégal compte faire entendre sa voix panafricaine pour défendre une Afrique souveraine et un arbitrage équitable.