14 mai 2026

Tchad : un retard persistant sur les droits économiques des femmes en afrique

Un classement continental révélateur pour les droits économiques des femmes au Tchad

L’indice Women, Business and the Law 2026 de la Banque mondiale met en lumière les disparités persistantes en matière d’égalité économique entre les genres sur le continent africain. Si certains pays africains progressent rapidement, le Tchad accuse un retard significatif dans ce domaine.

Avec un score de 51,40 sur 100, la nation tchadienne se classe 36e parmi les 54 économies africaines évaluées. Ce résultat le place immédiatement derrière le Burundi (35e avec 52,68 points) et devant le Botswana et le Nigeria, tous deux ex æquo à la 37e position avec 51,10 points. Cette performance situe le Tchad dans la partie inférieure du classement continental, loin des nations les plus avancées.

Les leaders africains en droits économiques féminins

L’île Maurice domine le classement avec un score impressionnant de 82,30 points. Suivent de près le Togo, qui réalise une avancée notable en se hissant à la 2e place (79,33 points), puis la Côte d’Ivoire en 3e position (78,25 points). La Zambie et l’Afrique du Sud complètent le top 5. Ces pays se distinguent par des réformes législatives ambitieuses touchant des domaines clés comme la mobilité professionnelle, les droits liés au travail, le mariage et l’entrepreneuriat féminin.

Des faiblesses structurelles qui pénalisent le Tchad

Avec un score inférieur à la moyenne africaine (environ 67 points) et mondiale, le Tchad peine à offrir un cadre juridique et pratique favorable à l’autonomie économique des femmes. Malgré une progression dans la lutte contre le harcèlement sexuel en public, le pays reste marqué par des lacunes importantes.

Parmi les principaux obstacles identifiés figurent l’accès limité au crédit pour les femmes, l’absence de protections solides contre les discriminations professionnelles, des droits parentaux insuffisants ainsi qu’un cadre juridique flou concernant les droits de propriété et d’héritage. Ces carences entravent considérablement la participation économique des femmes tchadiennes, qui représentent pourtant une part majeure de la main-d’œuvre, notamment dans les secteurs agricole et informel.

Un fossé entre les textes et leur mise en œuvre

Le rapport souligne un paradoxe récurrent en Afrique : l’écart persistant entre l’adoption de lois progressistes et leur application concrète. À l’échelle mondiale, seulement 50 % des législations favorables à l’égalité des genres sont effectivement appliquées. Cette situation limite l’impact positif des réformes et freine l’émancipation économique des femmes.

Pour le Tchad, ce classement représente à la fois un constat d’échec et une opportunité. Des mesures ciblées, axées sur la sécurisation des droits de propriété, le renforcement de l’accès au financement et la protection contre les violences économiques, pourraient inverser la tendance et ouvrir la voie à une croissance plus inclusive.