22 mai 2026

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Succès masra reste emprisonné : la cour suprême du Tchad rejette son appel

Succès Masra reste emprisonné après le rejet de son appel par la justice tchadienne

La Cour suprême du Tchad a définitivement scellé le sort de l’opposant Succès Masra, en confirmant jeudi 21 mai sa condamnation à 20 ans de prison ferme. Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement tendu à N’Djamena, où les tensions entre le pouvoir et l’opposition s’exacerbent.

Succès Masra, opposant tchadien, reste en prison après le rejet de son appel par la Cour suprême du Tchad

Une condamnation politique selon ses défenseurs

L’avocat de Succès Masra, Me Francis Kadjilembaye, a dénoncé un rejet « malgré tous les arguments juridiques présentés ». L’ancien Premier ministre, arrêté en mai 2025, avait écopé d’une peine lourde pour « diffusion de messages haineux » et « complicité de meurtre ». Une procédure qualifiée de « motivée politiquement » par Human Rights Watch, qui dénonce aussi l’intolérance du gouvernement envers la dissidence.

Lors de l’audience, un important dispositif sécuritaire encadrait la Cour suprême. Plusieurs journalistes présents sur place ont rapporté avoir été empêchés d’assister à l’audience.

Un climat politique explosif au Tchad

Cette décision s’inscrit dans une période de crise politique aiguë. Début mai, huit responsables de l’opposition ont été condamnés à huit ans de prison pour « insurrection ». Quelques jours plus tôt, les autorités avaient dissous la principale coalition d’opposition. Les partis adverses dénoncent régulièrement des intimidations et l’interdiction des rassemblements publics.

Fin avril, un militant du parti Les Transformateurs, dirigé par Succès Masra, a été tué par les forces de l’ordre lors d’une manifestation réclamant sa libération. Un drame qui illustre la répression croissante envers les voix dissidentes.

De l’opposition au pouvoir, puis au banc des accusés

Succès Masra, économiste formé en France et au Cameroun, s’était imposé comme l’un des principaux rivaux du président Mahamat Idriss Déby Itno avant d’être nommé Premier ministre en 2024. Lors de l’élection présidentielle de la même année, il avait obtenu 18,5 % des voix face au chef de l’État, qui revendiquait 61,3 %. Masra avait contesté ces résultats, revendiquant la victoire.