Au Sénégal, les tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien mentor, l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko, ont franchi un nouveau cap avec le limogeage de ce dernier. Cette décision, intervenue sous la pression d’une escalade des désaccords politiques, marque un tournant dans la gouvernance du pays de la Teranga.
Dans l’immédiat, Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a annoncé sa démission de la présidence du Parlement, ouvrant la voie à une réintégration de Sonko en tant que député. Une manœuvre qui semble orchestrée pour renforcer sa position face au chef de l’État, avec qui les relations se dégradent chaque jour davantage.
Un Parlement sous tension
La séance parlementaire prévue ce 26 mai pourrait sceller le destin de Sonko. S’il est élu président de l’Assemblée, il deviendrait le deuxième personnage de l’État, mais aussi un rival direct de Faye, avec un pouvoir de blocage sur les décisions gouvernementales. Le Pastef, son parti, détient déjà une majorité écrasante de 130 députés sur 165, ce qui facilite grandement son élection.
Cette situation place le pays face à une crise institutionnelle potentielle. Sonko, désormais libre de ses mouvements après une condamnation judiciaire qui l’avait écarté de la présidentielle de 2024, pourrait utiliser sa nouvelle position pour relancer ses ambitions politiques. Son objectif ? Devenir le véritable maître du jeu à la place de Faye, dont il avait favorisé l’ascension.
Un duel aux conséquences imprévisibles
Les deux hommes, autrefois alliés, incarnent désormais des visions opposées pour l’avenir du Sénégal. Sonko, figure charismatique du Pastef, n’a jamais caché son ambition de prendre les rênes du pouvoir. Son retour à l’Assemblée nationale, s’il est confirmé, lui donnerait un levier stratégique pour étouffer les initiatives de Faye et imposer son agenda.
Le nouveau Code électoral, adopté en mai, pourrait faciliter son retour sur la scène politique, bien que son éligibilité pour 2029 reste incertaine. Pourtant, cette rivalité croissante menace l’unité du parti au pouvoir, risquant de transformer une force politique dominante en un champ de ruines électorales.
Et si la raison l’emportait ?
Pour l’instant, Sénégal retient son souffle. Les deux leaders, autrefois unis dans leur combat contre l’ancien président Macky Sall, se livrent désormais une lutte sans merci. Leur incapacité à trouver un terrain d’entente pourrait plonger le pays dans une instabilité politique, au détriment de la cohésion nationale.
Le risque ? Voir émerger un troisième acteur, capable de profiter de cette division pour s’imposer. Une perspective qui, pour les citoyens, serait bien plus inquiétante que les rivalités internes au Pastef.
Plus d'histoires
La controverse politique monte au Sénégal autour de l’avenir d’Ousmane Sonko
Sénégal : vers une cohabitation fratricide au pouvoir, entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko
Bénin : L’investiture de Wadagni marque un tournant pour la réconciliation nationale et régionale