Le roi Mohammed VI prend connaissance du rapport économique national 2025
L’économie marocaine a connu une progression notable en 2025, selon les données présentées par Abdellatif Jouahri, gouverneur de la Banque Al-Maghrib. Malgré un environnement international instable, le pays affiche une croissance robuste et une inflation maîtrisée.
Le roi Mohammed VI a reçu au palais royal de Tétouan le gouverneur de la Banque Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, pour une audience décisive. Lors de cette rencontre, le souverain a pris connaissance du rapport annuel 2025 de la banque centrale, détaillant la situation économique, monétaire et financière du Maroc.
Une croissance économique de 4,9 % malgré les défis
Dans son exposé, Abdellatif Jouahri a mis en avant une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 4,9 % en 2025, portée par des investissements massifs et une dynamique économique soutenue. Malgré des chocs internationaux répétés et des incertitudes persistantes, l’économie marocaine a maintenu une trajectoire ascendante remarquable.
L’inflation a été contenue à une moyenne de 0,8 % sur l’ensemble de l’année, tandis que la banque centrale a adopté une politique monétaire accommodante en abaissant son taux directeur à 2,25 %. Les liquidités ont été abondamment fournies aux établissements bancaires, et des mesures ont été renforcées pour faciliter l’accès au crédit, notamment pour les très petites entreprises.
Marché du travail et équilibre budgétaire
Si la croissance a favorisé la création d’emplois, elle n’a pas suffi à réduire significativement le taux de chômage, qui reste à 13 %. Sur le plan budgétaire, le déficit a été réduit à 3,5 % du PIB, grâce à des recettes fiscales solides et à des mécanismes de financement innovants.
Les comptes extérieurs du pays ont affiché une stabilité remarquable, soutenus par les recettes touristiques, les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) et les performances des secteurs clés comme les phosphates, leurs dérivés et l’aérospatial. Les réserves de change de la Banque Al-Maghrib ont ainsi atteint 443 milliards de dirhams, couvrant plus de cinq mois d’importations.
Réduire les inégalités et renforcer la résilience
Abdellatif Jouahri a souligné que, malgré ces avancées macroéconomiques, des défis majeurs subsistent. Il a pointé un décalage entre la croissance mesurée et la perception des citoyens, attribuant cet écart à deux facteurs principaux :
- L’intégration insuffisante sur le marché du travail : la croissance de l’emploi ne répond pas encore aux attentes. Pour y remédier, il est nécessaire d’améliorer les systèmes éducatifs et de formation, d’optimiser les retombées des investissements publics et privés, et d’accélérer les réformes structurelles.
- Les inégalités sociales : malgré les efforts déployés pour renforcer les filets sociaux, l’aide doit être mieux ciblée pour toucher les populations les plus vulnérables. Le gouverneur a rappelé l’avertissement royal de 2025 : « Il n’y a pas de place pour un Maroc à deux vitesses ».
Pour préserver la flexibilité budgétaire face à des dépenses fixes élevées et aux réformes imminentes du système de retraite, Jouahri a appelé à une gestion rigoureuse des ressources, à des révisions périodiques des dépenses et à une accélération des réformes de la loi organique relative aux finances.
Priorités stratégiques pour un avenir durable
En matière de résilience à long terme, plusieurs axes prioritaires ont été identifiés :
- Réserves stratégiques : face aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, il est crucial de renforcer les réserves de produits essentiels, comme le prescrit le discours royal d’octobre 2021, en passant d’une logique réactive à une approche préventive.
- Transition énergétique : accélérer le passage aux énergies renouvelables permettra de réduire la dépendance extérieure et d’adapter les exportateurs marocains aux normes climatiques internationales.
- Gestion de l’eau : compte tenu de l’impact du changement climatique, la valorisation des ressources hydriques doit devenir une priorité absolue des politiques publiques.
- Régionalisation avancée : inspirée par les directives de 2024, cette approche vise à mobiliser les talents locaux et à développer des pôles économiques régionaux pour atténuer les disparités territoriales.
En conclusion, Abdellatif Jouahri a réaffirmé que la consolidation des acquis du Maroc repose sur une coordination renforcée entre les acteurs publics et privés, sous l’égide de la Monarchie.
À l’issue de cette présentation, le rapport annuel 2025 de la Banque Al-Maghrib, ainsi qu’une pièce commémorative en or massif frappée pour marquer le premier anniversaire de l’initiative « Aid Al Wahda », ont été officiellement remis au roi Mohammed VI.
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