13 mai 2026

Sénégal : production industrielle en forte hausse de 23,9 % en septembre 2025

Sénégal : l’industrie en pleine expansion avec une hausse de 23,9 % de la production en septembre

L’économie sénégalaise affiche une santé remarquable en ce mois de septembre 2025. Les dernières statistiques confirment une progression fulgurante de 23,9 % de la production industrielle en glissement annuel. Cette performance, loin d’être un simple coup d’éclat, s’inscrit dans une dynamique de croissance durable, hissant le produit intérieur brut (PIB) à 4,2 % sur les douze derniers mois. Une telle croissance positionne le Sénégal parmi les économies les plus dynamiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Cette accélération ne relève pas du hasard. Elle reflète la montée en puissance des capacités industrielles installées ces dernières années, notamment dans les secteurs extractifs et manufacturiers. L’exploitation des hydrocarbures, le renforcement de l’agro-industrie et la robustesse des industries chimiques dessinent un paysage économique moins dépendant des services, traditionnellement dominants.

les hydrocarbures et l’extraction au cœur de la croissance

Le secteur extractif joue un rôle clé dans cette progression. L’entrée en production du champ pétrolier de Sangomar et la montée en puissance du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, développé en partenariat avec la Mauritanie, ont transformé le profil exportateur du pays. Ces deux projets majeurs offrent à l’État sénégalais un levier financier accru, crucial alors que Dakar cherche à renforcer ses marges de manœuvre budgétaires.

Côté manufacturier, les branches agroalimentaire, cimentière et chimique enregistrent également une progression notable. Les Industries chimiques du Sénégal (ICS) illustrent cette tendance, portée par une demande intérieure robuste et un regain des commandes régionales. Cette dynamique se répercute sur les services connexes, comme le transport et la logistique, élargissant ainsi la base de la croissance économique.

un pib de 4,2 % : une performance à confirmer

Le PIB à 4,2 % sur un an ramène l’économie sénégalaise sur une trajectoire proche des niveaux pré-pandémiques, après plusieurs trimestres marqués par des révisions à la baisse. Ce chiffre reste cependant en deçà des prévisions initiales du gouvernement, qui escomptait une croissance plus élevée au lancement du cycle pétrolier. Les autorités pointent un contexte international moins favorable et une prudence accrue des investisseurs face aux ajustements budgétaires en cours.

L’objectif pour le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, est de transformer cette croissance industrielle en emplois durables et en recettes fiscales stables. La stratégie Sénégal 2050 mise sur la transformation locale pour réduire la dépendance aux importations et gravir les échelons des chaînes de valeur. La performance de septembre 2025 apporte un argument de poids à cette feuille de route, à condition que la dynamique se maintienne au dernier trimestre.

des défis à surveiller malgré la bonne santé économique

Malgré ces avancées, plusieurs facteurs appellent à la prudence. La hausse à deux chiffres de l’industrie s’explique en partie par un effet de base favorable, l’année 2024 ayant été marquée par des perturbations dans plusieurs unités de production. Par ailleurs, la dette publique reste un sujet de préoccupation pour les partenaires financiers, après la révélation de l’ampleur réelle des engagements accumulés lors du précédent mandat.

Néanmoins, les indicateurs de septembre 2025 envoient un signal globalement positif. Le Sénégal combine désormais une production d’hydrocarbures opérationnelle, un tissu industriel diversifié et une consommation intérieure résiliente, contrairement à plusieurs voisins ouest-africains confrontés à des instabilités sécuritaires ou politiques. Cette stabilité relative pourrait renforcer l’attractivité de Dakar auprès des investisseurs internationaux, notamment ceux du Golfe, de plus en plus actifs dans les secteurs énergétique et logistique du pays.

Les prochains mois seront déterminants pour valider cette tendance. La publication des comptes nationaux trimestriels par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) permettra d’évaluer si cette accélération industrielle s’inscrit dans la durée. Les chiffres de septembre marquent déjà le point culminant de l’année, selon les dernières analyses disponibles.

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