Goma, RDC – Un signal d’alarme émis par la hiérarchie catholique
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a vivement réagi face aux rumeurs persistantes concernant un éventuel troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi. Réunis en assemblée plénière du 18 au 20 juin, les évêques ont adopté une position claire : le respect strict de la Constitution de 2006 doit primer.
Une mise en garde solennelle contre toute dérive institutionnelle
Dans une déclaration rendue publique par le secrétaire général de la CENCO, Donatien Nshole, les prélats soulignent que toute modification des règles encadrant la durée des mandats présidentiels risquerait de saper la stabilité déjà fragile du pays. « Le serment prêté devant Dieu et le peuple doit être honoré », rappellent-ils, insistant sur l’importance de la parole donnée.
Pour la CENCO, un changement de cette nature équivaudrait à une trahison du pacte républicain, fruit des douloureux compromis nés des crises politiques successives en République démocratique du Congo. Les évêques rappellent que la Constitution limite le mandat présidentiel à deux périodes de cinq ans, sans possibilité de renouvellement consécutif.
Le référendum, un outil potentiellement dangereux ?
Le débat s’est intensifié après l’adoption récente d’une loi sur les référendums. Les évêques craignent que ce texte ne serve de levier pour contourner les dispositions constitutionnelles, notamment celles relatives à la limitation des mandats. Pour eux, cette loi pourrait ouvrir la porte à une consultation populaire remettant en cause des principes considérés comme intouchables.
Parallèlement, plusieurs responsables politiques, au sein même de la majorité, laissent entendre que le président pourrait briguer un nouveau mandat en 2028. Une hypothèse renforcée par des déclarations ambigües de Félix Tshisekedi lors d’une conférence de presse à Kinshasa en mai. Bien qu’il ait affirmé ne pas solliciter un troisième mandat, il a ajouté se plier à la volonté populaire si celle-ci se manifestait.
La majorité présidentielle contre-attaque
Le camp présidentiel rejette ces interprétations, insistant sur le fait que la loi sur le référendum vise simplement à renforcer la démocratie participative et à permettre aux citoyens de s’exprimer sur les grandes orientations nationales. « Le peuple doit avoir le dernier mot », martèlent les partisans de Tshisekedi.
Face à cette polarisation, la CENCO appelle les Congolais à la vigilance. Elle les exhorte à défendre activement les principes constitutionnels, par tous les moyens pacifiques et légaux. « La stabilité de la RDC dépend du respect de ses institutions », martèlent les évêques.
Un enjeu politique majeur pour 2028
Avec des élections présidentielles prévues en décembre 2028, la question d’un troisième mandat pour Félix Tshisekedi s’impose comme le sujet brûlant de la vie politique congolaise. La position de la CENCO, acteur influent dans le paysage politique national, pourrait peser lourd dans le débat. Son intervention rappelle le rôle historique de l’Église dans la défense des libertés et de l’État de droit en RDC.
En attendant, le pays reste sous haute tension, entre les déclarations rassurantes du pouvoir et les craintes d’un glissement vers une gouvernance prolongée. La société civile, les partis d’opposition et les partenaires internationaux observent avec attention l’évolution de cette crise institutionnelle.
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