Le gouvernement tchadien, par la voix de son porte-parole Gassim Chérif Mahamat, a catégoriquement réfuté les allégations, déclarant devant la presse que « ces accusations visent à discréditer l’armée tchadienne et peuvent porter atteinte à sa dignité ». Il a insisté sur le professionnalisme des forces armées tchadiennes, les qualifiant d’« avant-garde » dans la lutte antiterroriste au Sahel et dans le bassin du lac Tchad.
Cette prise de position intervient après l’appel du Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, qui a exigé des investigations « indépendantes ». Mercredi, il avait mis en lumière des frappes aériennes, imputées aux forces armées du Nigeria et du Tchad, qui auraient causé la mort de dizaines de civils dans le nord-est du Nigeria. Volker Türk a souligné l’urgence pour les autorités des deux pays de conduire des « enquêtes rapides, approfondies, indépendantes et impartiales » sur ces événements préoccupants.
L’armée nigériane, pour sa part, a précisé avoir ciblé une « structure terroriste confirmée », occupée uniquement par des « acteurs armés non étatiques » représentant une menace directe pour la population civile.
N’Djamena prête à enquêter malgré les défis terroristes
Gassim Chérif Mahamat, porte-parole du gouvernement tchadien, a réitéré la volonté de N’Djamena d’ouvrir des enquêtes, tout en pointant du doigt Boko Haram, accusé de nuire à la cohabitation pacifique et de terroriser quotidiennement les habitants des zones déjà fragiles. Il a affirmé que l’« État tchadien est prêt à mener des investigations dans une logique de transparence », insistant sur l’existence d’une « justice indépendante et des institutions capables de conduire des enquêtes en toute transparence ».
Volker Türk avait auparavant pressé les forces armées du Tchad et du Nigeria de « prendre toutes les précautions possibles pour éviter de frapper les civils ». Il avait rappelé l’impératif de mener les opérations militaires en stricte conformité avec le droit international humanitaire et les droits humains, martelant que « les civils et leurs biens ne doivent jamais être la cible d’attaques ».
Le lac Tchad, une vaste étendue d’eau et de marécages partagée par le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad, est devenu depuis 2009 un épicentre jihadiste. La région sert de refuge aux combattants de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), exacerbant l’instabilité sécuritaire.
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