La capitale malienne, Bamako, fait face à un blocus sans précédent, imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Cette situation critique entrave gravement la liberté de mouvement des habitants et menace directement leurs droits fondamentaux à la sécurité alimentaire, à la santé et même à la vie. Des organisations de défense des droits humains exhortent le GSIM à se conformer strictement au droit international humanitaire et à assurer la protection des populations civiles.
Depuis le 28 avril, trois axes routiers majeurs desservant Bamako sont paralysés. Le GSIM, une entité armée non étatique liée à Al-Qaïda, a officialisé ce blocus de la capitale. Plus récemment, le 6 mai, un convoi de camions civils, transportant des denrées comme des fruits entre Bamako et Bougouni, a été la cible d’une attaque. Il a été confirmé que ces véhicules ne bénéficiaient d’aucune escorte militaire et ne transportaient ni personnel ni équipement de combat.
Les attaques visant des véhicules civils utilisés à des fins non militaires sont formellement illégales. Le droit international humanitaire impose à toutes les parties d’un conflit armé de distinguer clairement les civils des combattants. Par conséquent, toute agression dirigée contre des civils ou des biens civils, y compris les véhicules et les infrastructures essentielles à la survie de la population, est strictement interdite. C’est un principe fondamental rappelé par des experts du droit humanitaire.
Les blocus ne doivent pas enfreindre les droits économiques et sociaux de la population civile.
Marceau Sivieude, expert régional
Le blocus de Bamako : une violation flagrante des règles de la guerre
L’annonce du blocus a été faite le 28 avril par un porte-parole du GSIM via une vidéo diffusée en ligne. Ce dispositif se distingue d’un précédent blocus datant de septembre 2025, qui ciblait exclusivement les camions-citernes de carburant. La mesure actuelle, en revanche, semble impacter l’ensemble des transports routiers à destination de la capitale.
Au 15 mai, pas moins de trois des six principales routes reliant Bamako aux ports régionaux étaient gravement affectées par des attaques répétées contre les convois entrants. La capitale se trouve ainsi coupée de ses voies d’approvisionnement essentielles. Les témoignages recueillis auprès de la population et les observations sur le terrain révèlent une augmentation significative des prix des produits de première nécessité.
Il est impératif que les blocus ne portent pas atteinte aux droits économiques et sociaux des civils. Le GSIM est tenu de se conformer aux principes du droit international humanitaire et de garantir un accès suffisant à l’eau potable, à la nourriture et aux autres biens essentiels pour les habitants de Bamako, a souligné Marceau Sivieude.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a, le 5 mai, lancé un appel pressant pour un arrêt immédiat des hostilités. L’organisation a également exhorté toutes les factions à observer scrupuleusement le droit international humanitaire et les droits humains, insistant sur la nécessité de protéger les civils et leurs infrastructures.
Bien que le GSIM ait annoncé, le 6 mai, un certain assouplissement du blocus, autorisant le passage des personnes nécessitant des soins médicaux vers Bamako, la mise en application effective de cette mesure reste difficilement vérifiable sur le terrain.
Témoignage glaçant : l’attaque meurtrière du GSIM sur un convoi, par un survivant
Un chauffeur de camion-citerne, rescapé d’une précédente opération de blocus du GSIM à Bamako, a partagé son récit. En septembre 2025, le groupe avait déjà menacé de couper l’approvisionnement en carburant de la capitale depuis les ports régionaux, menant des attaques contre des camions venant de Dakar sur l’axe Kayes-Bamako. En novembre de la même année, le GSIM avait même averti que les conducteurs de ces camions seraient traités comme des combattants.
Le GSIM doit cesser immédiatement toutes les attaques ciblant des civils, y compris les attaques indiscriminées.
Marceau Sivieude, expert en droits humains
Le 29 janvier 2026, ce même chauffeur se trouvait dans un convoi de camions-citernes, pourtant escorté militairement, lorsqu’il a été pris pour cible entre Diboli et Kayes. Son témoignage révèle une exécution sommaire de plusieurs chauffeurs et de leurs apprentis, rattrapés alors qu’ils tentaient de fuir. « À vingt kilomètres de Diboli, nous avons été attaqués par des djihadistes à moto qui ont tiré sur le convoi. Ils étaient plus de deux cents », a-t-il rapporté, préférant garder l’anonymat.
Il a poursuivi son effroyable récit : « Après l’attaque initiale, trois camions militaires sont arrivés en renfort. Les soldats à bord ont été tués par les djihadistes, qui ont ensuite incendié les véhicules. Au moins 12 chauffeurs et apprentis ont été capturés et retenus jusqu’au lendemain. Ils les ont contraints à creuser des tombes pour les djihadistes tués dans l’embuscade, avant de leur trancher la gorge. »
Le respect du droit international humanitaire par toutes les parties au conflit est non négociable. Le GSIM est instamment appelé à mettre fin sans délai à toute attaque ciblant les civils, y compris les actions indiscriminées. Parallèlement, les autorités maliennes doivent impérativement ouvrir des enquêtes sur ces exactions, qui pourraient constituer des crimes de guerre. Les victimes et les survivants de ces crimes internationaux méritent la vérité, la justice et des réparations, a affirmé Marceau Sivieude.
Contexte des tensions au Mali
Le 25 avril, une série d’attaques coordonnées a frappé plusieurs localités maliennes, dont Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. Ces assauts, menés par le GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, aussi connu sous le nom de Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin ou JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA), ont ciblé des camps militaires ainsi que les résidences de figures politiques et militaires. Un événement tragique a marqué Kati, où le ministre de la Défense, Sadio Camara, et plusieurs membres de sa famille ont péri suite à l’explosion d’un engin improvisé visant leur domicile.
Plus récemment, le 6 mai, des combattants du GSIM ont déferlé sur les villages de Kori Kori et Gomassagou, situés dans le centre du Mali. Les autorités régionales ont rapporté « de nombreuses pertes humaines et matérielles », tandis que des informations locales font état d’au moins 40 décès et de plusieurs disparus.
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