4 juin 2026

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Mali : exactions de l’armée et du groupe Wagner contre les civils peuls

Mali : des soldats et le groupe Wagner accusés d’exécutions et de disparitions forcées de civils peuls

Depuis janvier 2025, l’armée malienne et ses alliés du groupe Wagner, soutenu par la Russie, sont accusés d’avoir commis de graves violations des droits humains contre des civils de l’ethnie peule dans plusieurs régions du Mali. Ces exactions incluent des exécutions sommaires et des disparitions forcées, selon des témoignages recueillis par des organisations internationales.

Des accusations graves portées contre l’armée et le groupe Wagner

  • Au moins 12 hommes peuls auraient été exécutés et 81 autres portés disparus depuis le début de l’année, dans le cadre d’opérations de contre-insurrection menées contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda.
  • Les soldats maliens et les combattants de Wagner sont accusés d’avoir ciblé des civils peuls en les associant, sans preuve, à des groupes armés islamistes.
  • L’Union africaine est appelée à renforcer ses efforts pour protéger les civils et soutenir les enquêtes sur ces abus.

Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch, a déclaré : « La junte militaire malienne porte la responsabilité ultime des exactions commises par ses forces et celles du groupe Wagner. » Elle a ajouté que les autorités devraient mettre fin à ces abus, révéler le sort des disparus et traduire les responsables en justice.

Des témoignages accablants sur les violences

Entre février et mai 2025, des entretiens téléphoniques ont été menés avec 29 personnes, dont des témoins, des chefs de communauté et des représentants d’organisations internationales. Ces récits révèlent des scènes de violence extrême :

  • À Sebabougou (région de Kayes) : en avril, au moins 65 éleveurs peuls auraient été exécutés après avoir été rassemblés par l’armée et des combattants de Wagner.
  • À Belidanédji (région de Ségou) : le 30 mars, six civils peuls auraient été exécutés sommairement après avoir fui une attaque.
  • À Kourma (région de Ségou) : le 19 mars, 12 hommes peuls auraient été arrêtés, battus et portés disparus.

Un témoin a relaté : « Ils nous ont traités comme des animaux, les yeux bandés, les mains liées. Nous ne savions pas où ils nous emmenaient. »

Une situation humanitaire critique au Mali

Depuis 2012, le conflit au Mali a causé la mort de milliers de civils et déplacé plus de 350 000 personnes. La junte militaire, au pouvoir depuis 2021, collabore avec le groupe Wagner, bien que sa présence officielle reste niée. Pourtant, des rapports et des médias confirment son implication dans des opérations militaires.

En juin 2025, le groupe Wagner a annoncé son retrait du Mali, laissant place à l’Africa Corps, une nouvelle force paramilitaire russe. Ce changement coïncide avec une escalade des attaques menées par des groupes armés islamistes et séparatistes touaregs.

Appels à la justice et à la protection des civils

Toutes les parties au conflit, y compris l’armée malienne et les groupes armés, sont soumises au droit international humanitaire. Les exécutions sommaires et les disparitions forcées constituent des crimes de guerre. Le Mali, signataire du Statut de Rome, est également sous enquête par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes présumés commis depuis 2012.

L’Union africaine est appelée à intervenir pour :

  • Faire pression sur la junte malienne pour qu’elle enquête sur ces crimes.
  • Soutenir les victimes en exigeant des réparations.
  • Garantir que les responsables soient jugés équitablement.

Ilaria Allegrozzi a conclu : « Les hauts responsables maliens et russes doivent savoir qu’ils pourraient être tenus pour responsables des crimes commis par leurs forces. »

Face à l’absence de réponse des autorités maliennes, la pression internationale et la menace d’intervention de la CPI pourraient être les seuls moyens de mettre fin à ces atrocités.