L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme ce week-end : l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) prend une ampleur alarmante, avec une accélération sans précédent. Depuis son déclenchement, 3 874 cas ont été confirmés, dont 1 751 mortels, selon les dernières données officielles. Ce bilan dépasse déjà celui de la précédente flambée, qui avait endeuillé le pays entre 2018 et 2020 avec près de 2 300 décès pour 3 500 malades.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a atterri mardi à Kinshasa, la capitale congolaise, où il a été reçu mercredi par le président Félix Tshisekedi. Une visite de terrain qui s’inscrit dans l’urgence d’une réponse sanitaire renforcée face à une situation de plus en plus critique.
Quelques semaines plus tôt, Tedros Adhanom Ghebreyesus s’était rendu dans l’Ituri, une province du nord-est de la RDC, épicentre de l’épidémie actuelle. Près de 90 % des cas y ont été recensés. Cette nouvelle flambée est causée par le variant Bundibugyo, pour lequel aucun vaccin ni traitement n’existe à ce jour. La propagation du virus s’explique aussi par des zones où l’État peine à s’imposer et où les infrastructures médicales sont quasi inexistantes.
Une réponse sanitaire dépassée par l’urgence
« L’épidémie progresse à un rythme qui dépasse largement nos moyens d’intervention », a souligné mardi un porte-parole de l’OMS, Tarik Jasarevic, lors d’une conférence de presse à Genève. Il a insisté sur la nécessité d’une mobilisation financière accrue pour soutenir les équipes médicales, améliorer les capacités de traitement et renforcer les dispositifs d’enquête épidémiologique ainsi que les protocoles d’enterrements sécurisés.
Ebola, maladie transmise par contact avec les fluides corporels, se manifeste par une fièvre hémorragique et a déjà causé plus de 15 000 morts en Afrique au cours des cinq dernières décennies. La crise actuelle s’étend désormais à cinq provinces de la RDC : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.
Des avancées scientifiques en cours
Le Canada a récemment donné son feu vert à Moderna pour lancer des essais cliniques sur un vaccin ciblant le variant Bundibugyo. Ce candidat vaccinal, baptisé « rVSV Bundibugyo » et présenté par l’OMS comme « le plus prometteur à ce jour », sera également développé par les laboratoires Hilleman Laboratories, basés à Singapour.
Par ailleurs, fin juillet, un premier volontaire a reçu une dose d’un autre vaccin expérimental contre Bundibugyo, développé par l’Université d’Oxford au Royaume-Uni. Cette initiative s’appuie sur la même technologie que le vaccin contre la Covid-19 développé par AstraZeneca. Plusieurs autres pistes thérapeutiques sont également à l’étude, notamment les antiviraux remdesivir et obeldesivir, ainsi qu’un anticorps monoclonal nommé MBP134.
Il est important de noter que la RDC a officiellement déclaré cette 17ème épidémie d’Ebola le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard, alors que le pays compte plus de 100 millions d’habitants.
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