3 juin 2026

Voix Panafricaine

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Le secteur agricole ivoirien : entre performance à l’export et défis de la pauvreté rurale

Bien que la Côte d’Ivoire se distingue comme l’une des économies les plus performantes d’Afrique de l’Ouest, son secteur agricole, qui constituait près de la moitié de son PIB à l’indépendance, a vu sa contribution diminuer à 15,9% en 2024. Néanmoins, l’agriculture demeure un pilier fondamental de l’économie nationale. Elle est le principal pourvoyeur d’emplois, occupant 46% de la main-d’œuvre du pays. De plus, elle génère un excédent commercial significatif, les produits agricoles représentant 51,5% des exportations totales en 2025.

Cette performance économique cache cependant une réalité sociale préoccupante. Le taux de pauvreté atteint 54,4% dans les zones rurales, où l’emploi est quasi exclusivement agricole, un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale de 37,5%. La situation est particulièrement critique pour les agriculteurs : environ 90% d’entre eux appartiennent au décile de revenu le plus faible. Dans la filière phare du cacao, ce sont 60% des producteurs qui vivent sous le seuil de pauvreté national.

Le développement agricole ivoirien repose majoritairement sur les cultures de rente et industrielles. Le pays est ainsi le premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, et le troisième pour le caoutchouc naturel. Toutefois, cette spécialisation crée une forte dépendance aux importations pour des denrées essentielles comme les céréales et le poisson, qui sont à la base de l’alimentation des populations urbaines. En parallèle, la production vivrière locale reste faiblement organisée, évoluant principalement dans un cadre informel qui limite l’accès des producteurs aux marchés.