31 août 2026

Voix Panafricaine

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Le général Tiani confronté à une tentative de coup après les allégations béninoises

Dans le jeu complexe de la géopolitique ouest-africaine, l’adage de l’arroseur arrosé trouve souvent une résonance particulière. Alors que les capitales régionales surveillaient encore les ramifications financières et logistiques d’un complot déjoué à Cotonou, où l’implication du régime de Niamey et de ses alliés inconditionnels avait été fortement suggérée, le contrecoup n’a pas tardé. Dans la nuit du 28 au 29 août, le cœur même du pouvoir du général Abdourahamane Tiani à Niamey a été secoué par des tirs d’armes automatiques et des détonations d’artillerie. Une tournure des événements qui, bien qu’ironique, s’inscrit dans une logique politique implacable.

L’axe Niamey-Lomé-Ouagadougou, exportation de l’instabilité

Pendant plusieurs mois, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) à Niamey a cherché à consolider sa propre position précaire en forgeant une alliance stratégique et financière avec le capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso et Faure Gnassingbé du Togo. En s’associant activement à Ibrahim Traoré et Faure Gnassingbé pour financer des tentatives de déstabilisation chez le voisin béninois, le régime de Tiani semblait vouloir exporter ses propres contradictions internes et neutraliser un État limitrophe perçu comme gênant.

Cette coalition de circonstance entre Tiani, Traoré et Gnassingbé poursuivait un objectif clair : affaiblir les démocraties environnantes afin de légitimer l’autoritarisme militaire et d’imposer un nouvel ordre de pouvoir régional. Cependant, fomenter le désordre chez un voisin lorsque ses propres fondations sont fragiles relève d’une grave erreur stratégique.

La fragilité structurelle des pouvoirs militaires

Les tirs nourris entendus autour de la base aérienne 101 et du palais présidentiel de Niamey rappellent une réalité que la propagande de l’Alliance des États du Sahel ne peut plus dissimuler : les problèmes étaient profonds depuis le début. En utilisant la force pour renverser un ordre constitutionnel en juillet 2023, le général Tiani n’a pas seulement pris le pouvoir ; il a validé l’usage des armes comme unique moyen de succession.

En parrainant des coups de force à l’étranger aux côtés d’Ibrahim Traoré et avec l’appui discret de Faure Gnassingbé, tout en étant confrontée à une insécurité croissante et à un mécontentement latent au sein de ses propres garnisons, la junte nigérienne s’est piégée elle-même :

  • Détournement des moyens : Plutôt que de concentrer les efforts financiers et militaires sur la lutte antiterroriste et le renforcement de la cohésion des forces, des ressources cruciales furent réorientées vers des opérations de déstabilisation politique dans la région.
  • Affaiblissement hiérarchique : L’armée nigérienne, instrumentalisée et fragmentée, projette désormais l’image d’une institution manquant de structure. Lorsque des cadres observent leurs supérieurs appuyer des coups d’État à l’étranger, ils en déduisent que le pouvoir à Niamey est lui-même vulnérable à tout groupe armé suffisamment audacieux.
  • Déception sécuritaire : Après une période de transition de trois ans sans feuille de route électorale définie et face à des performances sécuritaires contestées sur le terrain, la frustration des soldats de base finit inéluctablement par atteindre les plus hautes sphères militaires.

L’arroseur arrosé

L’histoire politique du Sahel ne pardonne pas l’amateurisme stratégique. On ne saurait bâtir la stabilité d’un régime sur la ruine des États voisins. En co-finançant le désordre à Cotonou avec la collaboration d’Ibrahim Traoré et de Faure Gnassingbé, apparemment pour créer une diversion, le régime de Tiani n’a fait qu’accélérer la révélation de ses propres faiblesses intérieures.

Les secousses de cette nuit du 29 août à Niamey ne constituent pas un événement isolé, mais le symptôme d’un système à bout de souffle. Le général Tiani découvre aujourd’hui à ses dépens une vérité immuable : les armes et les réseaux de financement utilisés pour déstabiliser autrui sont les mêmes qui finissent par se retourner contre celui qui les emploie.

Face au vacillement spectaculaire du pouvoir à Niamey et au dévoilement de ces réseaux d’ingérence, une question cruciale se pose désormais au reste de la région : Faure Gnassingbé et Ibrahim Traoré devraient-ils, eux aussi, commencer à se préparer ?