Au sein de l’Alliance des États du Sahel, le projet de renouvellement des titres d’identité franchit une étape cruciale. Ce nouveau document biométrique, conçu pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ambitionne de cimenter la cohésion régionale en remplaçant définitivement les anciens modèles hérités de l’époque précédente.
Toutefois, la réalité sur le terrain montre des disparités importantes dans le déploiement de ce titre de voyage entre les trois capitales de la confédération.
Le Niger encore à l’heure de la Cédéao
Malgré l’annonce officielle du lancement du passeport AES, le Niger continue pour le moment de délivrer des documents aux couleurs de la Cédéao. Plusieurs citoyens nigériens, qu’ils soient résidents ou membres de la diaspora, ont exprimé leur étonnement en recevant des livrets portant toujours le logo de l’organisation ouest-africaine lors de leurs récentes demandes.
Un usager ayant entamé des démarches pour un pèlerinage à la Mecque témoigne de sa confusion après avoir obtenu un passeport de la Cédéao au lieu du document sahélien attendu. Face à ces interrogations, les réponses administratives restent pour l’instant évasives, soulignant un déploiement progressif du dispositif technique.
Le processus de modernisation s’installe lentement à Niamey. C’est seulement en mars dernier que le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État, a officiellement lancé la carte d’identité biométrique de l’AES par son propre enrôlement. La fabrication de ces titres sécurisés a été confiée à l’entreprise libyenne Alitisal Aljadeed.
Avancées significatives au Burkina Faso et au Mali
À l’inverse, le Burkina Faso et le Mali semblent avoir pris une longueur d’avance dans cette transition identitaire. À Ouagadougou, les autorités délivrent désormais les nouveaux passeports et cartes nationales d’identité aux citoyens qui en font la demande.
Du côté de Bamako, après une phase initiale marquée par quelques interrogations sur la reconnaissance internationale du document, le système semble aujourd’hui stabilisé. Un Malien établi en France confirme avoir retiré son passeport estampillé AES auprès des services consulaires et avoir effectué un voyage aller-retour vers le Mali sans aucune difficulté aux frontières.
Une transition technologique et symbolique
Pendant cette phase transitoire, les anciens titres de voyage de la Cédéao restent valables jusqu’à leur date d’expiration. Les citoyens ne sont tenus de passer au nouveau format AES qu’au moment du renouvellement de leurs pièces d’identité arrivées à terme.
Techniquement, le passeport AES répond aux standards les plus récents de l’OACI. Il intègre des dispositifs de haute sécurité, comme une puce électronique et une page en polycarbonate, pour prévenir toute tentative de contrefaçon et sécuriser les déplacements internationaux.
Au-delà de l’aspect technique, ce changement de documents marque la rupture politique définitive avec la Cédéao après le retrait des trois pays. Pour les autorités du Sahel, il s’agit d’un symbole fort de souveraineté retrouvée et d’un pilier de leur nouvelle alliance régionale.
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