3 juin 2026

Voix Panafricaine

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La Mauritanie, acteur clé de l’approvisionnement en moutons pour la Tabaski au Sénégal

À l’approche de la fête de la Tabaski, un accord crucial a été scellé, engageant Nouakchott à fournir 450 000 têtes de moutons à Dakar. Cette démarche intervient alors que le Sénégal fait face à une diminution significative des approvisionnements traditionnels, notamment en provenance des pays voisins, en raison de l’intensification de l’insécurité dans la sous-région, particulièrement au Mali, un fournisseur historique de bétail pour le marché sénégalais.

Parallèlement, la Mauritanie s’apprête également à répondre à une partie des besoins en moutons de la Côte d’Ivoire pour la Tabaski, une nécessité qui découle des mêmes préoccupations sécuritaires qui affectent la région ouest-africaine. Cette solidarité régionale met en lumière une actualité Afrique francophone marquée par l’entraide face aux défis communs.

Alioune Kane, technicien au sein du Groupement National des Associations Pastorales (GNAP), confirme ce mouvement. Il explique qu’«un protocole existant a été reconduit et renforcé. Historiquement, les éleveurs mauritaniens exportaient entre 460 000 et 500 000 moutons vers le Sénégal. Cependant, cette année, ce volume est appelé à croître considérablement en raison de l’instabilité qui règne au Mali», un axe de transit vital que les éleveurs des régions orientales empruntaient habituellement pour acheminer leur bétail vers le Sénégal.

Kane précise que de nombreux éleveurs mauritaniens sont déjà sur le sol sénégalais, se dirigeant vers Dakar et les principaux centres urbains du pays. Pour faciliter cette opération d’envergure, le gouvernement sénégalais s’est engagé à mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires, qu’elles soient sécuritaires, administratives, douanières ou sanitaires, afin d’assurer le bon déroulement de l’opération Tabaski.

Baba Hassan Sidi, responsable du GNAP dans la région de Néma, se remémore l’époque où «l’absence d’insécurité au Mali permettait aux éleveurs mauritaniens des régions de Néma et Aïoun de transiter par ce territoire pour accéder au Sénégal». Aujourd’hui, le contexte a changé.

Pour cette édition de la Tabaski, les éleveurs sont contraints d’emprunter une nouvelle route sécurisée. Ils doivent traverser le fleuve depuis la région du Trarza pour entrer en territoire sénégalais. Ce nouvel itinéraire, bien que plus sûr, rallonge considérablement le transport du bétail par camion depuis les régions de l’Est de la Mauritanie, un défi logistique non négligeable.

Ce responsable souligne que la présence massive d’éleveurs mauritaniens au Sénégal s’inscrit dans le cadre d’un accord qui reflète les relations séculaires et les liens profonds unissant les peuples africains de Mauritanie et du Sénégal. C’est une illustration concrète de la coopération et de la résilience d’une Afrique souveraine face aux turbulences régionales, portée par une véritable voix panafricaine de solidarité.