En République centrafricaine, le groupe Wagner, entité paramilitaire russe, a trouvé un nouveau souffle grâce à un trafic lucratif : celui du tramadol. Selon The Wall Street Journal, cette activité illicite lui offre un « nouvel élan » dans un pays d’Afrique centrale déjà fragilisé.

Le tramadol, une drogue à haut rendement pour Wagner

Ce médicament, initialement prescrit contre les douleurs modérées, est détourné en Afrique pour devenir un opioïde ultra-concentré, comparable à une « cocaïne du pauvre ». Son trafic, organisé depuis la République démocratique du Congo, inonde les marchés centrafricains avant d’être redistribué vers les pays voisins à des tarifs exorbitants.

Une influence qui dépasse l’exploitation minière

Présent en République centrafricaine depuis 2018, Wagner y contrôle des mines d’or et de diamants, générant des profits estimés à 180 millions de dollars par an selon l’organisation Global Initiative. Cette emprise économique s’accompagne d’un contrôle politique, comme le souligne le Centre d’études stratégiques pour l’Afrique, qui évoque un « contrôle de l’État ».

Une distribution ciblée et dangereuse

Le groupe Wagner distribue le tramadol non seulement aux civils, mais aussi à des groupes armés alliés : la garde présidentielle, la milice des « Requins », et même des mineurs travaillant dans ses mines. « Pour leur donner plus de courage au combat », explique-t-on. Cette stratégie renforce son emprise sur les populations locales et les forces de sécurité.

Un avenir incertain au Soudan ?

Des experts craignent que Wagner ne reproduise ce modèle au Soudan voisin, en s’appuyant sur les Forces de soutien rapide (FSR), déjà actives près de la frontière centrafricaine. Une extension de son influence qui pourrait aggraver les tensions régionales.