Libreville, samedi 27 juin 2026 – À peine installé dans ses fonctions, le nouvel ambassadeur du Tchad au Gabon, Zakaria Fadoul Kittir Jr., a choisi de se rendre sur un site emblématique de la transformation économique gabonaise. Après avoir remis ses lettres de créance au président Brice Clotaire Oligui Nguema, le diplomate a visité jeudi la Zone d’Investissement Spéciale (ZIS) de Nkok.
Ce déplacement, effectué dès les premiers jours de sa mission, dépasse le simple cadre protocolaire. Il traduit l’intérêt croissant que suscite le modèle gabonais auprès de nombreux États africains confrontés aux mêmes défis : diversification économique, industrialisation et création de valeur ajoutée à partir des ressources locales.
Le bois, vitrine de la réussite industrielle
La filière bois a constitué le cœur de cette visite. Le diplomate tchadien a découvert les installations de Chanta Group, entreprise spécialisée dans la fabrication de contreplaqués et de feuilles de placage, dont la production irrigue les marchés africains et internationaux. Cette immersion a permis de mesurer concrètement les fruits de la politique menée par Libreville depuis plusieurs années. Longtemps exportateur de grumes brutes, le Gabon a imposé une transformation locale pour conserver une part plus importante de la richesse issue de ses forêts.
Aujourd’hui, des dizaines d’usines à Nkok transforment le bois sur place, créent des emplois qualifiés, favorisent les transferts de compétences et respectent les standards mondiaux. Pour de nombreux experts continentaux, cette évolution constitue l’une des expériences les plus abouties d’industrialisation fondée sur les ressources naturelles.
Une plateforme de diversification tous azimuts
La ZIS de Nkok ne se limite pas au bois. Elle regroupe des entreprises actives dans la métallurgie, les matériaux de construction, l’agro-industrie ou la transformation manufacturière. Cette concentration en fait un levier stratégique de la politique de diversification économique gabonaise. Face aux incertitudes des marchés mondiaux des matières premières, le développement d’industries locales apparaît comme une nécessité pour réduire la dépendance aux exportations brutes.
L’intérêt manifesté par le représentant tchadien illustre une tendance plus large. De plus en plus de pays africains cherchent à s’inspirer de modèles permettant de transformer leurs ressources, de bâtir des chaînes de valeur nationales et de renforcer leur souveraineté économique.
Nkok, outil d’influence et de rayonnement
Au-delà de ses performances, Nkok s’impose comme un instrument de rayonnement économique et diplomatique pour le Gabon. Chaque visite officielle consolide son statut de vitrine du savoir-faire national et d’aimant pour les investisseurs. Pour Libreville, cette reconnaissance valide la stratégie visant à faire du pays un pôle industriel régional, capable d’attirer capitaux, technologies et partenariats.
La visite de l’ambassadeur tchadien s’inscrit dans un contexte où la coopération économique intra-africaine prend de l’ampleur. Les échanges entre États portent désormais moins sur les matières premières que sur les modèles industriels, les expériences de transformation et les stratégies de création de valeur. En attirant diplomates, investisseurs et décideurs, la Zone d’Investissement Spéciale de Nkok confirme qu’elle n’est plus seulement un projet gabonais : elle devient une référence africaine pour l’industrialisation et le développement.
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