Fakaba sissoko critique le pouvoir malien à l’occasion de l’indépendance

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Fakaba Sissoko exige des comptes pour le pouvoir malien lors de l’indépendance

Chaque 22 septembre, le Mali célèbre son indépendance, mais cette année encore, les voix discordantes se font entendre. Le général Assimi Goïta, président de la transition, a marqué cette occasion par un discours axé sur l’économie, la lutte contre le terrorisme et la réconciliation nationale. Pourtant, un opposant de premier plan, Etienne Fakaba Sissoko, ne partage pas cet optimisme affiché et dénonce fermement la gestion du pays.

Arrivé au pouvoir par un coup d’État il y a plus de six ans, Assimi Goïta maintient son emprise sur le Mali sans élections, s’appuyant notamment sur le soutien de l’Africa Corps russe. Lors de son allocution, il a mis en avant les avancées économiques et la lutte contre les groupes armés, tout en évoquant une marche vers la souveraineté au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Portrait de Fakaba Sissoko, opposant malien en exil

Un bilan contesté par l’opposition en exil

Etienne Fakaba Sissoko, porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR) dirigée par l’imam Dicko, incarne une opposition résolument critique envers le régime actuel. Basé hors du Mali, son mouvement rassemble des personnalités politiques et de la société civile en exil, déterminées à faire entendre leur voix.

Dans une prise de parole relayée par David Baché, Fakaba Sissoko reproche au général Goïta d’avoir mêlé célébration de l’indépendance et bilan de la transition. « On peut aimer profondément le Mali, soutenir nos soldats et défendre notre souveraineté, tout en exigeant des comptes à ceux qui ont accaparé le pouvoir », déclare-t-il avec fermeté.

Pour l’opposant, les Maliens aspirent avant tout à des résultats concrets : sécurité dans les déplacements, accès à l’emploi, accès à l’électricité, et surtout, la restauration d’une vie politique apaisée. « Les Maliens attendent des résultats tangibles : circuler en sécurité, travailler pour subvenir aux besoins de leur famille, vivre dans la liberté et retrouver une perspective politique digne de ce nom », insiste-t-il.

La Russie et le partenariat militaire sous le feu des critiques

Fakaba Sissoko ne mâche pas ses mots concernant le rôle de la Russie dans la gestion de la crise sécuritaire au Mali. « Dans son discours, le fait de ne pas évoquer le bilan désastreux de la Russie est un aveu d’échec. Tout le monde constate aujourd’hui les résultats de ce partenariat », souligne-t-il, en référence récente à l’attaque meurtrière du camp militaire de Dioura. Cet événement, attribuée aux terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim, lié à al-Qaïda), a coûté la vie à plus d’une centaine de soldats maliens et laissé plusieurs dizaines de prisonniers aux mains des assaillants.

Un Mali en deuil selon l’opposition

La situation du pays, selon Fakaba Sissoko, est dramatique. « Aujourd’hui, le Mali est triste. L’état de délabrement du pays a atteint un niveau inédit dans notre histoire politique », confie-t-il avec émotion. « Je refuse de dire que je suis en fête aujourd’hui. Je suis en deuil, car la situation du Mali ne reflète pas la dignité qu’il mérite sous l’égide de ce régime ».

Son analyse rejoint celle de nombreux observateurs qui pointent du doigt l’incapacité des autorités à endiguer la crise sécuritaire et à restaurer la stabilité socio-économique.

Alors que les autorités célèbrent les avancées, l’opposition en exil continue de dénoncer un pouvoir qui, selon elle, a failli à ses missions premières. Une question persiste : ces mouvements d’opposition peuvent-ils réellement menacer la stabilité des dirigeants de l’AES ?

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