4 juin 2026

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Élection présidentielle au Bénin : lobogo, bastion de Paul Hounkpè face à l’épreuve du scrutin

Un village en ébullition à l’approche du vote

À seulement deux jours de la fin officielle de la campagne électorale, le village de Lobogo, situé dans la commune de Bopa, s’agite. Ici, Paul Hounkpè, candidat des Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), engage sa réputation. Entre l’enthousiasme de ses partisans et les critiques venues de l’opposition, son bastion local devient un enjeu majeur pour ce scrutin prévu le 12 avril.

L’atmosphère est électrique à Lobogo : entre les nuages de poussière soulevés par les déplacements et les slogans scandés, chaque rue arbore les couleurs vertes de la « Cauris ». À l’approche de l’échéance électorale, les militants du candidat de l’opposition modérée organisent des rassemblements de proximité, avant l’entrée en vigueur du silence électoral vendredi à minuit.

« L’enfant du village » face à l’épreuve de la légitimité

Pour les habitants, Paul Hounkpè n’est pas qu’un simple candidat : il est « l’enfant du village ». Ancien maire de Bopa, il jouit d’une assise solide et d’une relation de proximité avec les populations. « Il comprend nos difficultés, il a résolu nos problèmes ici à Lobogo », affirme un jeune militant, un foulard vert noué autour du cou.

Pourtant, cette campagne électorale se distingue par son contexte inédit. Les FCBE abordent ce scrutin dans un climat de divisions au sein de l’opposition. Privé du soutien du parti Les Démocrates, dont la candidature a été invalidée, Paul Hounkpè doit démontrer qu’il représente une alternative crédible face à Romuald Wadagni, le candidat du pouvoir en place.

Le défi de l’abstention et l’absence des figures radicales

À Lobogo, la question de la « modération » de l’opposition est au cœur des discussions. Si les militants FCBE se mobilisent activement, une partie de la population reste en retrait, jugeant cette élection incomplète en raison de l’absence des principaux opposants radicaux.

« Nous voterons pour Paul car il est des nôtres, mais notre cœur n’est pas entièrement engagé, car tous les leaders de l’opposition ne sont pas en lice », confie un notable local sous un iroko, arbre emblématique de la région. Pour Paul Hounkpè, l’enjeu est double : capitaliser sur sa popularité locale pour en faire un vote-sanction contre l’actuel gouvernement, tout en contrant l’appel au boycott ou l’indifférence qui gagne une partie de l’électorat.

Une fin de campagne sous tension

Pendant ce temps, à quelques kilomètres de Lobogo, la campagne de Romuald Wadagni, le candidat du pouvoir, poursuit son marathon à travers le pays. Fort de moyens logistiques importants, il met en avant les dix années de gouvernance écoulées. Face à cette machine électorale, Paul Hounkpè mise sur une stratégie de proximité, privilégiant le contact direct avec les électeurs.

À Lobogo, les réunions de soutien s’enchaînent jusqu’à tard dans la nuit. Vendredi, à minuit, les haut-parleurs se tairont, marquant le début du silence électoral. Pour Paul Hounkpè, le résultat à Lobogo sera déterminant : un score écrasant dans son fief lui permettra de rivaliser avec Romuald Wadagni et de prouver que les FCBE conservent leur statut de première force d’opposition organisée, malgré les tensions internes.

Dimanche, les bureaux de vote ouvriront à 7 heures. Lobogo sera alors sous haute surveillance, devenant le thermomètre d’une opposition qui tente de se maintenir dans les urnes malgré les obstacles.

Illustration d'un rassemblement politique à Lobogo