3 juin 2026

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Corruption au Burkina Faso : la junte contre douaniers et magistrats

People protest in front of the court house of Ouagadougou on August 13, 2013 where 50 students went on trial. The students were arrested begining of August during a student protest following the closure of their dormitories and university restaurants during the holidays. AFP PHOTO / AHMED OUOBA

Corruption au Burkina Faso : la junte attaque les complices de l’impunité

Au Burkina Faso, la lutte contre la corruption prend une nouvelle tournure. La junte au pouvoir a décidé de frapper fort en visant des douaniers et des magistrats impliqués dans une vaste affaire de racket. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des missions du Korag, un organe créé l’année dernière pour superviser la mise en œuvre de la vision stratégique du pays durant sa transition.

Un dossier vieux de quatre ans refait surface

Le Korag a révélé les détails d’une enquête remontant à quatre ans. Plusieurs agents douaniers étaient accusés d’avoir extorqué des transporteurs routiers en échange de la libération de leurs camions. Les preuves recueillies par les enquêteurs sont accablantes : des sommes d’argent importantes découvertes dans leurs bureaux et domiciles, des témoignages concordants, ainsi que des vidéos les filmant en flagrant délit. Malgré ces éléments, les suspects ont bénéficié d’un non-lieu, ce qui a provoqué l’indignation de la junte.

Des pots-de-vin pour étouffer l’affaire

Selon les accusations, un avocat et dix hauts magistrats de la cour d’appel de Ouagadougou auraient accepté des pots-de-vin pour faire libérer les douaniers et identifier les témoins à charge. Le Korag dénonce une « mascarade judiciaire » et un « grave dysfonctionnement dans la chaîne de justice et de protection des témoins ». Ces manquements ont poussé l’instance à exiger l’arrestation des magistrats concernés le mois dernier.

La junte promet des sanctions sévères

Face à cette situation, la junte a pris des mesures fermes. Elle s’engage à appliquer des sanctions disciplinaires contre les magistrats impliqués, sans exclure des poursuites judiciaires. Cette décision vise à restaurer la confiance dans les institutions et à montrer que l’impunité n’a pas sa place dans le nouveau Burkina Faso.

Cette affaire illustre l’engagement du pays à éradiquer la corruption, un fléau qui mine la crédibilité des institutions et freine le développement. Les autorités entendent poursuivre leurs efforts pour garantir une justice transparente et équitable.