Le Niger investit dans sa souveraineté hydrique avec la troisième usine d’eau potable de Niamey
Une délégation de haut niveau, composée des principaux acteurs du Projet Plateforme Intégrée pour la Sécurité de l’Eau au Niger (PISEN), de la Banque mondiale et de la Société de Patrimoine des Eaux du Niger (SPEN), a inspecté en détail les avancées du chantier de la troisième usine de traitement d’eau potable de Niamey. Cette visite, effectuée en juin 2026, a permis d’évaluer l’état d’avancement des infrastructures clés du projet : la prise d’eau, l’unité de traitement et les réservoirs de stockage.

Un projet d’envergure pour sécuriser l’accès à l’eau potable à Niamey
Initié dans le cadre du schéma directeur d’hydraulique urbaine et semi-urbaine adopté par la SPEN en 2017, ce projet ambitieux vise à doter la capitale nigérienne d’une nouvelle infrastructure capable de produire 250 000 m³ d’eau potable par jour. Répartie en trois phases, la première tranche, opérationnelle dès maintenant, offre déjà une capacité de 100 000 m³/jour et permettra de couvrir les besoins de la ville jusqu’en 2035. Les deux phases suivantes, chacune de 75 000 m³/jour, viendront renforcer durablement l’approvisionnement.
Le PISEN, en tant qu’entité coordinatrice, supervise l’ensemble des travaux tandis que la SPEN assure la maîtrise d’ouvrage. La Banque mondiale, partenaire financier clé, accompagne activement le gouvernement nigérien pour garantir la réussite de cette initiative stratégique.
Des infrastructures clés pour une distribution optimale
Les techniciens du chantier ont détaillé le fonctionnement des installations : l’eau brute sera captée puis acheminée vers une usine en cours de construction sur le plateau. Deux réservoirs de 2 500 m³ chacun, situés sur le plateau de Yawari, joueront un rôle central dans la distribution vers les quartiers périphériques de Niamey. Ces infrastructures permettront d’améliorer significativement l’accès à une eau de qualité pour des milliers de foyers.
Le coordonnateur national du PISEN, M. Zibo Zakara, a souligné l’importance de ce projet pour la sécurité hydrique du pays. « La première phase assure une alimentation stable jusqu’en 2035, et les 10 lots du projet incluent des extensions prévues pour renforcer encore la capacité de traitement », a-t-il expliqué. Malgré des retards initiaux, les travaux connaissent désormais une dynamique encourageante, avec une mobilisation accrue d’équipes et d’engins sur le terrain.
Il a également mis en avant les retombées locales : « Les lots 6 et 7 témoignent d’une forte implication des entreprises locales, avec des sous-traitances dynamiques et une main-d’œuvre nationale mobilisée, profitant directement à l’économie locale. »
Un engagement fort des partenaires internationaux
M. Mohamed Nanzoul, chargé du projet à la Banque mondiale, s’est félicité des progrès réalisés. « L’avancement actuel est très appréciable. Nous continuerons à soutenir le Niger dans ses efforts pour améliorer le bien-être de sa population », a-t-il déclaré. Ce projet s’inscrit dans une vision plus large de développement durable, avec un accent mis sur l’inclusion sociale.
Pour M. Haladou Laouali Amani, responsable des travaux, cette usine représente une avancée majeure : « Ce projet est structurant. Il s’agit de l’une des plus grandes infrastructures jamais construites au Niger en matière d’eau potable. Environ 45 000 branchements sociaux seront mis en place, offrant un accès facilité à l’eau pour les populations les plus vulnérables. » Les études topographiques et géotechniques, déjà finalisées, ont permis de poser les bases d’une réalisation conforme aux normes les plus strictes.
Avec l’achèvement de ce chantier, Niamey et ses environs pourront enfin compter sur une ressource hydrique stable et abondante, marquant une étape décisive dans la quête de souveraineté hydrique pour le Niger.
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