La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement enregistré la candidature conjointe du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour organiser la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2032. Une avancée symbolique pour ces trois nations de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui devront désormais prouver leur capacité à concrétiser ce projet ambitieux sur les plans logistiques et sécuritaires.
C’est lors d’une rencontre à New York, en marge d’un événement international, que les présidents des fédérations de football des trois pays — respectivement le colonel Oumarou Sawadogo, Mahamadou Cissé et Issaka Adamou — ont obtenu la validation de leur déclaration d’intérêt commune. Cette annonce, rendue publique le 20 juillet, marque le début d’un parcours semé d’embûches, où chaque détail technique et sécuritaire sera scruté avec attention.
Une étape administrative, mais pas une garantie
Sur le papier, l’obtention de cette validation administrative ne représente qu’une formalité. Selon l’article 7.3 du règlement des candidatures de la CAF, cette déclaration d’intérêt constitue simplement le premier jalon d’un processus long et complexe. Elle permet aux trois pays de rester en lice, sans pour autant garantir une victoire finale. Comme le précise la Fédération nigérienne de football, cette validation ouvre la porte à la phase suivante : la constitution d’un dossier technique solide et conforme aux attentes de l’instance continentale.
Une stratégie à long terme de la CAF pour les éditions à venir
Le coup d’envoi de cette dynamique a été donné début juillet 2026, lorsque la CAF a lancé un appel à candidatures simultané pour les CAN 2028, 2032 et 2036. Cette approche vise à anticiper l’organisation de ses compétitions phares et à offrir aux fédérations nationales le temps nécessaire pour préparer des candidatures viables. Pour l’édition 2032, les évaluations porteront sur des critères stricts : qualité des infrastructures sportives, capacités d’hébergement, efficacité des réseaux de transport, mais aussi niveau de sécurité dans les trois pays candidats.
Si aucun calendrier précis n’a encore été fixé pour la CAN 2032, la CAF a d’ores et déjà indiqué que chaque dossier serait examiné avec rigueur, afin de s’assurer que l’organisation soit à la hauteur des standards internationaux.
Un modèle inspiré par l’expérience est-africaine
L’idée d’une coorganisation entre plusieurs pays n’est pas inédite pour la CAF. En effet, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ont été désignés pour accueillir conjointement la CAN 2027, un précédent qui pourrait inspirer le trio sahélien. Une telle collaboration permettrait de mutualiser les ressources et les infrastructures, réduisant ainsi la pression sur un seul pays hôte. Le président de la CAF a d’ailleurs salué cette initiative, soulignant son potentiel en termes de coopération régionale, tout en rappelant l’importance de respecter les procédures établies.
Le football, nouveau levier de l’unité sahélienne
Cette candidature s’inscrit dans une dynamique plus large, où le Burkina Faso, le Mali et le Niger cherchent à affirmer leur autonomie sur la scène internationale. Depuis leur retrait de la CEDEAO, les trois pays multiplient les initiatives communes pour consolider leur bloc politique et économique. Une CAN réussie pourrait leur offrir une visibilité rare, à un moment où la région est confrontée à des défis sécuritaires majeurs. D’ailleurs, l’Union africaine a récemment condamné des attaques meurtrières survenues au Niger et au Mali les 17 et 18 juillet, rappelant l’urgence d’une stabilisation durable.
Pour la CAF, les prochains mois seront décisifs. Les trois pays devront non seulement démontrer la solidité de leurs infrastructures, mais aussi leur capacité à garantir la sécurité des participants et des spectateurs. Un défi de taille, mais qui pourrait aussi devenir une opportunité pour le Sahel de prouver sa résilience et son unité.
Que retenir de cette avancée ?
La validation du 18 juillet n’est qu’un premier pas. Les fédérations du Burkina Faso, du Mali et du Niger, en collaboration avec leurs gouvernements, doivent désormais peaufiner un dossier technique irréprochable. La suite du processus dépendra de leur capacité à répondre aux exigences de la CAF, tant sur le plan logistique que sécuritaire. Si la CAN 2032 voit le jour sous cette forme tripartite, elle pourrait marquer un tournant dans l’histoire du football africain et offrir au Sahel une tribune internationale sans précédent.
Reste à savoir si, d’ici six ans, les trois pays parviendront à transformer cette ambition en réalité.
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