23 juillet 2026

Voix Panafricaine

La tribune francophone des peuples africains : actualités, analyses et débats pour une Afrique souveraine.

Can 2032 : le Burkina Faso, le Mali et le Niger en lice pour organiser la compétition

CAN 2032 : le Burkina Faso, le Mali et le Niger officialisent leur candidature pour organiser la Coupe d’Afrique des nations

Une avancée historique pour le football sahélien : la Confédération africaine de football (CAF) a validé la déclaration d’intérêt commune des fédérations du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour organiser la CAN 2032. Cette validation marque le début d’un parcours exigeant, où infrastructures, sécurité et logistique seront scrutées à la loupe.

C’est lors d’une rencontre décisive à New York, en marge d’un sommet international, que les présidents des trois fédérations — respectivement le colonel Oumarou Sawadogo, Mahamadou Cissé et Issaka Adamou — ont obtenu cette confirmation. Le 20 juillet 2026, l’information a été rendue publique, suscitant un vent d’optimisme dans les trois capitales sahéliennes.

Une étape administrative franchie, mais le chemin reste long

Sur le plan réglementaire, cette validation reste une formalité : elle permet aux trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) de poursuivre leur candidature conformément à l’article 7.3 du règlement de la CAF. Cette première étape ne garantit en rien l’attribution finale du tournoi, mais elle offre une opportunité unique de structurer un dossier solide.

Selon les responsables de la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT), cette déclaration d’intérêt validée ouvre la voie à une préparation technique approfondie. Les trois pays devront désormais démontrer leur capacité à répondre aux normes strictes de la CAF en matière d’infrastructures, d’hébergement et de transport.

Pourquoi la CAF mise sur une planification à long terme ?

En juillet 2026, la CAF a lancé simultanément les appels à candidatures pour les éditions 2028, 2032 et 2036. Cette stratégie vise à laisser aux fédérations un temps suffisant pour élaborer des projets ambitieux et durables. Pour la CAN 2032, l’instance continentale devra évaluer la faisabilité du dossier sahélien, qui repose sur trois piliers : la sécurité, les infrastructures et la logistique.

L’examen portera notamment sur la qualité des stades, des hôtels et des réseaux de transport, trois domaines où les trois pays devront faire leurs preuves. La CAF s’appuiera sur des critères objectifs pour garantir une compétition à la hauteur des attentes continentales.

Un précédent africain encourageant : la coorganisation 2027

Cette candidature tripartite n’est pas une première pour la CAF. En effet, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie organiseront ensemble la CAN 2027, prouvant qu’une collaboration régionale peut porter ses fruits. Cette formule permettrait aux trois pays sahéliens de mutualiser leurs ressources et de partager les coûts, tout en mettant en valeur leur unité politique.

Le président de la CAF a salué cette démarche, soulignant son potentiel pour renforcer la coopération sportive en Afrique. Cependant, il a rappelé que le respect des procédures et des normes reste indispensable pour toute candidature.

Le football, un outil diplomatique pour l’AES

Cette candidature s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis leur retrait de la CEDEAO, les régimes du Burkina Faso, du Mali et du Niger multiplient les initiatives communes pour affirmer leur autonomie. Une victoire dans cette compétition pourrait offrir à l’Alliance des États du Sahel une visibilité internationale rare, malgré les défis sécuritaires persistants.

La région reste marquée par des attaques terroristes récurrentes, comme en témoignent les violences enregistrées au Niger et au Mali les 17 et 18 juillet 2026. La CAF devra donc évaluer non seulement la qualité des infrastructures, mais aussi la capacité des trois pays à garantir un environnement sûr pour les supporters et les participants.

Ce qu’il faut retenir de cette candidature historique

La validation de la déclaration d’intérêt par la CAF le 18 juillet 2026 constitue une avancée symbolique, mais elle ne présage en rien de l’issue finale. Les trois fédérations, en collaboration avec leurs gouvernements, devront désormais construire un dossier technique irréprochable, conforme aux exigences de la CAF.

Le chemin vers la CAN 2032 sera semé d’embûches, mais il représente aussi une opportunité unique pour le Sahel. Si le trio parvient à transformer son unité politique en une organisation sportive d’excellence, cette compétition pourrait devenir bien plus qu’un simple tournoi : un symbole de résilience et d’ambition pour l’Afrique.