15 septembre 2026

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Burkina Faso : l’ancien Premier ministre Apollinaire Kyélem de Tambèla privé de sortie du territoire

Une décision qui secoue la transition burkinabè

Apollinaire Kyélem de Tambèla ne peut plus quitter le Burkina Faso. L’ancien chef du gouvernement, qui a dirigé la Primature d’octobre 2022 à décembre 2024, fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire ordonnée par les autorités dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré. L’information, confirmée de sources concordantes à Ouagadougou, marque un tournant dans la gestion des anciens responsables sous la transition militaire.

Un ancien Premier ministre sous contrôle

Nommé par Ibrahim Traoré lui-même après le coup d’État de septembre 2022, Kyélem de Tambèla avait quitté ses fonctions en décembre 2024. Son départ de la Primature n’a donc pas signé la fin de son lien avec l’appareil d’État. Aujourd’hui, c’est sa liberté de mouvement qui est restreinte, alors qu’il n’occupe plus aucune fonction officielle.

Cette situation soulève une interrogation de fond : qu’est-ce qui justifie qu’un ancien collaborateur du pouvoir actuel soit empêché de franchir les frontières nationales ? Les autorités n’ont, pour l’heure, livré aucune explication publique détaillée sur les motifs exacts de cette mesure.

Libertés publiques : un test pour la transition

Au-delà du cas individuel de Kyélem de Tambèla, c’est la question des libertés publiques au Burkina Faso qui se trouve posée. Une interdiction de sortie du territoire visant une personnalité ayant occupé les plus hautes responsabilités de l’État ne peut être considérée comme anodine. Elle exige, pour être comprise, une justification transparente et un cadre juridique clair.

Or, plusieurs zones d’ombre subsistent : la mesure est-elle limitée dans le temps ? Sur quelle base légale repose-t-elle ? Quelle autorité en a pris l’initiative ? Et surtout, quels griefs précis sont retenus contre l’ancien Premier ministre ?

Le poids de l’argument sécuritaire

Depuis l’arrivée d’Ibrahim Traoré au pouvoir, les autorités burkinabè ont multiplié les mesures exceptionnelles, invoquant la lutte contre le terrorisme, la défense de la souveraineté nationale et la prévention des tentatives de déstabilisation. Kyélem de Tambèla lui-même, lorsqu’il était à la tête du gouvernement, avait publiquement évoqué l’existence de plusieurs projets visant à renverser la transition.

Mais l’argument sécuritaire, aussi récurrent soit-il, ne suffit pas à lever toutes les ambiguïtés. La législation burkinabè encadre précisément les conditions de sortie du territoire. La question centrale devient donc : dans quel cadre juridique la mesure visant l’ancien Premier ministre a-t-elle été prise ?

Un enjeu qui dépasse le cas personnel

L’affaire Kyélem de Tambèla ne se limite pas à la trajectoire d’un homme. Elle interroge la nature même du pouvoir de transition : jusqu’où peut-il aller au nom de la sécurité nationale sans fragiliser davantage les libertés individuelles ?

Pour Ibrahim Traoré, cette décision pourrait alimenter le débat sur le rétrécissement de l’espace politique burkinabè. Empêcher une ancienne figure gouvernementale de quitter le pays n’est jamais un acte politiquement neutre. À Ouagadougou, le dossier Kyélem de Tambèla s’impose déjà comme un révélateur des tensions entre sécurité, contrôle politique et libertés publiques sous la transition militaire.