14 septembre 2026

Voix Panafricaine

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Écoles délocalisées au Nord-Bénin : une stratégie qui déjoue la menace terroriste

Le Bénin a choisi de ne pas attendre. Alors que la menace terroriste continue de peser sur ses frontières septentrionales, l’État béninois a décidé de fermer et de délocaliser plusieurs établissements scolaires situés dans les « zones rouges » des départements de l’Atacora et de l’Alibori. Ces écoles sont désormais installées dans des périmètres sécurisés, une manière de reprendre l’initiative face à des groupes armés qui misent sur l’effet de surprise.

Une réponse anticipée à une menace persistante

En devançant le danger, les autorités coupent l’herbe sous le pied des groupes armés non étatiques. Ces derniers fondent leurs modes opératoires sur l’attaque de cibles vulnérables, notamment les écoles, comme cela s’est produit dans plusieurs pays de la sous-région. L’objectif de ces incursions est clair : briser le système éducatif et semer la terreur dans les communautés rurales. Le Bénin, en ordonnant le repli stratégique des classes avant tout incident majeur, refuse de subir le calendrier de la guerre asymétrique.

Trois piliers pour une politique de protection civile

Cette approche s’articule autour de trois impératifs majeurs :

  • La primauté de la vie humaine : garantir l’intégrité physique des écoliers, des enseignants et du personnel administratif reste le préalable absolu à toute action publique.
  • La continuité du parcours scolaire : la délocalisation vers des zones sécurisées s’accompagne d’un dispositif d’urgence incluant le transfert des apprenants, l’appui logistique au corps professoral et l’extension du programme des cantines scolaires pour prévenir le décrochage et maintenir le lien pédagogique.
  • La préservation de la souveraineté territoriale : refuser d’abandonner la jeunesse à l’insécurité participe du maillage sécuritaire global déployé par les forces de défense et de sécurité sur le terrain.

Un modèle face au chaos subi dans les pays de l’AES

La portée de cette politique se mesure pleinement lorsqu’on la compare à la situation dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) : le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces États, contraints de gérer l’urgence sécuritaire après coup, ont subi la fermeture brutale et désordonnée de plus de 10 000 établissements scolaires sous la pression directe des groupes armés, jetant des millions d’enfants dans la déscolarisation et l’errance.

Là où le Sahel subit une crise éducative majeure imposée par l’ennemi à la suite d’attaques répétées, le Bénin fait le choix de la proactivité. En anticipant la menace et en orchestrant le transfert méthodique de ses écoles avant tout drame, l’État béninois évite l’effondrement du système d’enseignement au Nord : il ne cède pas de terrain, conserve la maîtrise de son territoire et démontre qu’une gouvernance lucide préfère réorganiser ses structures en amont plutôt que de compter ses dégâts en amont des lignes de front.