4 juin 2026

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Alerte mondiale sur la faim : Gaza, Haïti, Soudan et Mali face à un risque extrême

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a lancé un avertissement pressant, classant Gaza, Haïti, le Soudan, le Soudan du Sud et le Mali parmi les régions nécessitant une attention « urgente » de la communauté internationale. Ces zones sont confrontées à un risque d’insécurité alimentaire des plus alarmants.

Un rapport conjoint de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et du PAM (Programme alimentaire mondial) met en lumière la gravité de la situation : sans une intervention humanitaire massive et rapide, les habitants de ces cinq zones critiques risquent de subir une faim extrême, voire la famine et la mort, au cours des prochains mois.

Cindy McCain, Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial, a qualifié ce document d’« alerte rouge », soulignant que « nous savons où la faim progresse et qui est menacé ».

Ces crises humanitaires sont aggravées par des obstacles croissants à l’acheminement de l’aide et par un manque crucial de financements.

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Gaza et Soudan : des points de tension critiques pour la sécurité alimentaire

Au Soudan, la famine, déjà établie en 2024, est prévue de s’intensifier, d’après l’ONU. La persistance des conflits et les déplacements massifs de populations, notamment dans les régions du Grand Kordofan et du Grand Darfour, sont les principaux facteurs de cette dégradation.

D’ici mai 2025, près de 24,6 millions de personnes pourraient faire face à des niveaux d’insécurité alimentaire aiguë critiques, avec 637 000 individus en situation catastrophique.

À Gaza, le risque de famine s’aggrave considérablement. Les opérations militaires d’envergure y entravent l’acheminement de l’aide humanitaire essentielle, qu’elle soit alimentaire ou autre.

La totalité des 2,1 millions d’habitants de l’enclave palestinienne est menacée par une insécurité alimentaire aiguë, atteignant des niveaux de crise ou pire. Jusqu’en septembre 2025, environ 470 000 personnes pourraient vivre une situation catastrophique.

Haïti : une situation humanitaire catastrophique

Au Soudan du Sud, la menace de famine dans deux de ses régions principales assombrit considérablement les perspectives pour cette nation d’Afrique de l’Est.

Entre avril et juillet 2025, on estime que 7,7 millions d’individus, représentant 57 % de la population, feront face à une insécurité alimentaire aiguë de niveau élevé. Parmi eux, 63 000 personnes se trouveront dans une situation catastrophique.

En Haïti, la violence sans précédent des gangs et l’insécurité généralisée provoquent des déplacements massifs de populations et entravent gravement l’accès à l’aide humanitaire. D’ici juin 2025, plus de 8 400 personnes déplacées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince sont déjà en proie à une insécurité alimentaire aiguë de niveau catastrophique.

Le Mali sous haute surveillance face à la faim

Au Mali, la hausse des prix des céréales, combinée aux conflits persistants, affaiblit la résilience des foyers les plus fragiles, surtout dans les régions affectées. Entre juin et août 2025, quelque 2 600 personnes pourraient basculer dans une insécurité alimentaire catastrophique si l’aide vitale n’est pas déployée à temps.

Au-delà de ces cinq nations prioritaires, d’autres régions comme le Yémen, la République démocratique du Congo, le Myanmar et le Nigéria sont également classées comme des points chauds extrêmement préoccupants. Elles exigent une attention urgente pour préserver vies et moyens de subsistance. Le Burkina Faso, le Tchad, la Somalie et la Syrie complètent cette liste de zones à risque.

Qu Dongyu, Directeur général de la FAO, a insisté sur la réalité alarmante : « Ce rapport le démontre sans équivoque : la faim n’est plus une menace lointaine, mais une urgence quotidienne pour des millions d’individus. »

Il a ajouté : « Il est impératif d’agir dès maintenant, et de manière concertée, pour sauver des vies et garantir la subsistance. »

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Des avancées encourageantes malgré les défis financiers

Par contraste, une lueur d’espoir apparaît : l’Éthiopie, le Kenya, le Liban, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Niger, la Zambie et le Zimbabwe ont été retirés de la liste des points chauds de la faim, marquant des progrès significatifs.

En Afrique de l’Est et australe, ainsi qu’au Niger, des conditions climatiques plus favorables aux récoltes et une diminution des événements météorologiques extrêmes ont contribué à alléger les pressions sur la sécurité alimentaire. Le Liban, quant à lui, a bénéficié d’une réduction de l’intensité des opérations militaires, justifiant son retrait de cette liste critique.

Cette aggravation de l’insécurité alimentaire mondiale est d’autant plus préoccupante qu’elle coïncide avec d’importants déficits de financement. Ces coupes budgétaires contraignent à réduire les rations alimentaires et limitent l’efficacité des interventions vitales en matière de nutrition et d’agriculture.

Madame McCain a souligné l’urgence : « Nous possédons les outils et l’expertise pour agir, mais sans fonds ni accès, il nous est impossible de sauver des vies. Un investissement rapide et durable dans l’aide alimentaire et le soutien à la résilience est vital, car la possibilité d’éviter une famine dévastatrice se réduit de jour en jour. »