3 juin 2026

Voix Panafricaine

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Burkina Faso : l’escalade des violences déplace des centaines de milliers de personnes

Depuis le début de l’année, les attaques perpétrées par des groupes djihadistes ont contraint près de 230 000 individus à fuir leurs foyers au Burkina Faso. Des agences humanitaires tirent la sonnette d’alarme, soulignant l’impact dévastateur de cette insécurité persistante sur les enfants et leurs familles dans ce pays du Sahel central.

Le Groupe de coordination opérationnelle de la réponse rapide (GCORR) révèle que près de 37 000 ménages ont été déplacés suite à 48 alertes de déplacement. Ce chiffre représente une hausse alarmante de 92 % par rapport à la même période l’année précédente. Rien qu’en mai, le GCORR a recensé environ 41 000 personnes affectées par 12 nouvelles alertes de déplacement à travers le pays.

La région de la Boucle du Mouhoun est particulièrement touchée, enregistrant plus de 106 000 déplacés, dont plus de 65 000 enfants, répartis dans 13 localités comme Dédougou, Di et Tougan. Cela représente 45 % de l’ensemble des personnes déplacées internes au Burkina Faso.

Des besoins humanitaires « considérables » se multiplient

La situation sécuritaire générale au Burkina Faso demeure extrêmement précaire, marquée par une série d’attaques incessantes dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord, de l’Est, du Centre-Est et de la Boucle du Mouhoun. Ces violences ciblent aussi bien les Forces de défense et de sécurité et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) que les populations civiles.

L’UNICEF souligne que ces affrontements ont engendré des besoins humanitaires « considérables » dans tous les secteurs essentiels. Les priorités incluent les abris, la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène, la protection des populations vulnérables et l’éducation.

Malgré l’engagement de diverses organisations pour apporter un soutien vital sur le terrain, des lacunes significatives persistent face à l’ampleur de la crise.

Sur le front nutritionnel, plus de 10 000 enfants ont été pris en charge pour malnutrition aiguë sévère en avril à l’échelle nationale. Plus de la moitié d’entre eux proviennent des zones affectées par les violences djihadistes, notamment la Boucle du Mouhoun, le Nord, l’Est, le Sahel et le Centre-Nord.

La malnutrition aiguë sévère, une menace grandissante

De janvier à avril, plus de 36 000 enfants ont été admis pour un traitement contre la malnutrition, dont plus de 20 000 dans les zones d’insécurité.

Fin mai, 179 000 individus (soit 28 % des 1,3 million de personnes nécessitant une assistance) avaient reçu un traitement pour malnutrition aiguë. Parmi eux, plus de 25 000 étaient des enfants, dont plus de 8 000 souffraient de malnutrition aiguë sévère.

Plus largement, la dégradation du contexte sécuritaire entrave sévèrement les opérations humanitaires. Elle complique l’accès aux populations affectées, accroît les risques opérationnels et exacerbe les besoins d’assistance.

Suite aux attaques survenues dans les régions de l’Est et du Sahel, de nombreuses infrastructures locales indispensables, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’administration, ont été détruites.

Djibo, une ville sous emprise djihadiste

Parmi les zones les plus touchées, la ville de Djibo, située dans la province du Soum au nord du Burkina Faso, est soumise à un blocus djihadiste depuis décembre 2024. L’ensemble de sa population, estimée à environ 48 000 personnes (incluant déplacés et communautés hôtes), est gravement affectée par cette situation, la ville n’étant plus approvisionnée.

L’UNICEF, par l’intermédiaire de ses partenaires locaux, déploie des programmes essentiels à Djibo couvrant l’eau, l’assainissement et l’hygiène, l’éducation, la protection de l’enfance, la santé et la nutrition.

Les acteurs humanitaires, tout comme les populations qu’ils assistent, sont exposés à des risques constants, notamment ceux liés aux engins explosifs improvisés et aux enlèvements. L’UNICEF souligne que, au-delà des difficultés d’accès, la pénurie de ressources représente un défi majeur qui limite considérablement la capacité de réponse dans ces régions en proie à l’insécurité.