Deux mémorandums d’entente signés ce samedi entre le groupe Sonelgaz et la Senelec promettent des retombées directes sur la facture d’électricité, la fiabilité du réseau et l’emploi local au Sénégal. Pour les ménages comme pour les industriels, l’enjeu dépasse la simple coopération diplomatique : il s’agit de savoir si le courant sera plus stable et moins cher demain.
La rencontre entre le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies Renouvelables, le Dr Mourad Adjal, et son homologue sénégalais, El Hadji Abdourahmane Diouf, a débouché sur des engagements concrets. Au menu : le transfert du savoir-faire algérien et l’appui au développement des infrastructures électriques et gazières de Dakar.
Une coopération qui pèse sur le quotidien des Sénégalais
Derrière les poignées de main officielles, ce sont des conséquences très pratiques qui se dessinent. L’Algérie ne se limite plus à vendre ses hydrocarbures : elle exporte désormais son ingénierie. Après le Mali, le Niger, le Cameroun, le Bénin et la Mauritanie, Sonelgaz tourne son regard vers l’Afrique de l’Ouest et cible le marché sénégalais.
Lors de cet échange de haut niveau, le Dr Mourad Adjal a réaffirmé la disponibilité d’Alger à intervenir sur toute la chaîne de valeur : production d’électricité, distribution de gaz, fabrication d’équipements électriques et formation des cadres locaux. Autant de leviers qui, à terme, pourraient réduire les coupures de courant et améliorer la qualité du service rendu aux abonnés.
Le gaz naturel, levier d’économies pour la Senelec et ses clients
Le Sénégal s’apprête à rejoindre le club restreint des pays producteurs de gaz. Pour transformer cette ressource en électricité abordable, Dakar a besoin de partenaires aguerris. C’est précisément là que l’expertise de Sonelgaz entre en jeu. Les échanges ont porté en priorité sur la production d’électricité à partir du gaz naturel, un domaine où l’Algérie dispose d’un savoir-faire reconnu.
Cette volonté de mutualiser les compétences s’est traduite par la signature de deux mémorandums d’entente entre le groupe Sonelgaz et la Senelec (Société nationale d’électricité du Sénégal). Ces accords couvrent :
- Le transfert de compétences et l’assistance technique ;
- La fabrication et la commercialisation d’équipements électriques ;
- Le développement des infrastructures énergétiques ;
- Le renforcement de l’interconnexion électrique.
Pour les entreprises sénégalaises, notamment les PME et les industriels, l’enjeu est de taille : un réseau plus fiable signifie moins de pertes de production et des coûts d’exploitation revus à la baisse. Pour les ménages, l’arrivée du gaz dans la production électrique pourrait se traduire par une énergie moins dépendante des cours du pétrole et donc plus stable sur le plan tarifaire.
Dakar mise sur un partenaire éprouvé pour sécuriser son avenir énergétique
Le choix de l’Algérie n’est pas anodin. Le ministre sénégalais, El Hadji Abdourahmane Diouf, a qualifié l’Algérie de « partenaire fiable sur lequel le Sénégal s’appuiera au cours de la prochaine étape ». Il a salué l’expertise algérienne tout en rappelant que l’énergie demeure le moteur stratégique du développement de son pays.
Cette alliance s’inscrit dans une logique de coopération Sud-Sud mutuellement bénéfique. En s’appuyant sur un acteur continental comme Sonelgaz, le Sénégal espère accélérer son indépendance énergétique tout en maîtrisant les coûts de développement. Un pari qui, s’il se concrétise, pourrait avoir des répercussions positives sur le pouvoir d’achat des consommateurs et la compétitivité de l’économie sénégalaise.
Un accord gouvernemental décisif attendu à Dakar en décembre
L’offensive sénégalaise de Sonelgaz ne fait que commencer. Cette rencontre fructueuse à Alger pose les jalons d’un partenariat politique et économique plus vaste. Les deux pays ont déjà pris rendez-vous : un accord gouvernemental global dans le domaine de l’énergie et des énergies renouvelables sera signé à Dakar début décembre.
Avec ce nouveau déploiement, le groupe Sonelgaz confirme son ambition de devenir un leader incontournable de l’électricité et du gaz sur le continent africain, consolidant la position de l’Algérie comme puissance énergétique régionale. Pour le Sénégal, l’horizon d’une électricité plus abondante et plus accessible se dessine, avec des effets attendus sur l’emploi, l’industrialisation et la vie quotidienne des citoyens.