16 juillet 2026

Voix Panafricaine

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Abidjan : fermeture temporaire de la rue des Caraïbes pour le métro

Depuis ce mercredi 15 juillet, l’artère principale de Port-Bouët, plus connue sous le nom de rue des Caraïbes, est inaccessible aux véhicules. Cette fermeture, qui s’étendra sur deux mois et demi, a été décidée par le ministère des Infrastructures et de l’Entretien Routier de Côte d’Ivoire. L’objectif ? Permettre la construction d’un tablier de pont ferroviaire dans le cadre des travaux de la Ligne 1 du métro d’Abidjan. La circulation sera rétablie le 30 septembre au plus tard.

D’après les directives transmises par le projet métro et l’Agence de Gestion des Routes (Ageroute), les usagers sont invités à se conformer au nouveau plan de circulation établi autour du chantier. Ces mesures s’inscrivent dans un calendrier exigeant visant à finaliser la première ligne de métro aérien du pays.

Un axe de 37,4 km reliant sept communes

La Ligne 1 du métro d’Abidjan doit relier Anyama, située au nord de la capitale économique, à l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny, implanté au sud dans la commune de Port-Bouët. Ce tracé de 37,4 kilomètres traverse sept communes et inclut 18 stations, 24 ponts, un viaduc surplombant la lagune Ébrié ainsi que 34 passerelles piétonnes.

Selon les responsables du chantier, ce métro automatique devrait transporter plus de 500 000 passagers par jour, avec un temps de trajet estimé à 50 minutes, soit huit fois plus rapide que les déplacements actuels aux heures de pointe. En juin dernier, les travaux de génie civil du viaduc étaient quasi achevés, et 12 des 24 tabliers de ponts prévus avaient déjà été posés. La mise en service est prévue pour la fin de l’année 2028.

Un projet porté par des entreprises françaises

Le consortium chargé de ce chantier regroupe des groupes français de renom : Bouygues Travaux Publics, Alstom, Colas Rail et Keolis. Bouygues assure la maîtrise d’œuvre des travaux de génie civil ainsi que la fourniture du matériel roulant. Quant à Keolis, il sera responsable de l’exploitation de la ligne pendant 15 ans après sa livraison.

Le budget alloué à ce projet s’élève à environ 1,36 milliard d’euros, principalement financé par la France via l’Agence française de développement et des prêts du Trésor français. Ce montage financier positionne le métro d’Abidjan comme l’un des plus importants investissements français en Afrique de l’Ouest dans le secteur des transports.

Un enjeu majeur pour l’agglomération abidjanaise

Avec une population de près de 5,5 millions d’habitants dans son agglomération, Abidjan fait face à une congestion routière chronique. Port-Bouët, située au sud et abritant l’aéroport international ainsi que plusieurs zones industrielles, est particulièrement touchée par ces embouteillages quotidiens, faute d’un réseau de transport en commun performant.

Ce nouveau métro vise à désengorger le trafic et à offrir une alternative efficace aux bus et taxis-brousse. Le projet devrait également générer des milliers d’emplois locaux, tant pendant la phase de construction que lors de l’exploitation de la ligne.

Un symbole de l’influence française en Afrique

Pour la France, ce métro représente bien plus qu’un simple projet d’infrastructure : c’est un levier d’influence économique et diplomatique en Afrique francophone. Il illustre la stratégie française de financement d’ouvrages structurants dans ses anciennes colonies, où les entreprises hexagonales conservent une avance face à la concurrence internationale, notamment chinoise et turque.

La réussite de ce projet pourrait servir d’exemple pour d’autres initiatives similaires en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal ou en Guinée. Les travaux, menés à un rythme soutenu, approchent d’une phase critique avec la pose des rails et l’installation des rames Alstom sur l’ensemble du parcours.