Visite d’État du président gabonais : quels défis pour le Gabon et la France ?
Le président gabonais Brice Oligui Nguema se rend en visite officielle en France pour renforcer les liens bilatéraux et aborder des sujets stratégiques. Parmi les priorités : la transformation locale du manganèse, l’avenir de la base militaire de Libreville et la gestion de la dette publique. Une rencontre qui s’annonce déterminante pour l’avenir économique et sécuritaire du pays.
Manganèse gabonais : l’urgence de la transformation locale
Libreville impose désormais une transformation locale stricte de son manganèse, exploité par Comilog, filiale française du groupe Eramet. D’ici janvier 2029, tout le minerai devra être transformé sur place avant exportation. Une exigence qui vise à booster l’industrialisation du Gabon, mais qui suscite des débats sur la faisabilité technique et financière. Paris se dit favorable au principe, tout en plaidant pour un assouplissement des délais, jugés trop ambitieux au regard des investissements nécessaires.
« Cet échange permettra de clarifier les modalités », a indiqué un proche du président Oligui Nguema. Les infrastructures industrielles et énergétiques requises pour respecter cet ultimatum restent en effet à construire, un défi colossal pour le pays.
Base militaire de Libreville : vers une coopération recentrée
La question de la base militaire française au Gabon sera également au cœur des discussions. Libreville réclame notamment le transfert du titre foncier du Camp de Gaulle, ancienne base de l’armée française, et son renommage. À terme, la coopération militaire se concentrera sur la formation des forces gabonaises, tandis que le Gabon diversifie ses partenariats, notamment avec la Chine, la Turquie ou l’Inde. Malgré cette ouverture, la France reste le principal partenaire diplomatique du pays.
Par ailleurs, l’accord signé avec Suez pour l’approvisionnement en eau potable de Libreville, évalué à 120 milliards de francs CFA, peine à se concrétiser. Un an après sa signature, les blocages persistent, et Paris exhorte au respect des engagements pris.
Dette gabonaise : un dossier sous haute tension
Avec une dette dépassant 70 % du PIB, le Gabon se trouve dans une situation financière délicate. Un audit complet est en cours, et les résultats sont attendus d’ici la fin du mois de juillet. Dans le même temps, Libreville tente de finaliser un programme avec le Fonds monétaire international (FMI), bien que des retards dans la transmission des documents aient été signalés fin juin.
La France, qui préside le Club de Paris, encourage une solution financière négociée avec les institutions internationales. Une issue est cruciale pour éviter que cette dette ne fragilise davantage les équilibres économiques de la sous-région et ne menace la stabilité du franc CFA.
Cette visite s’inscrit dans un contexte où le Gabon cherche à rééquilibrer ses partenariats tout en maintenant une relation privilégiée avec Paris. Les décisions prises lors de cet échange pourraient redéfinir les dynamiques économiques et sécuritaires des années à venir.
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