31 juillet 2026

Voix Panafricaine

La tribune francophone des peuples africains : actualités, analyses et débats pour une Afrique souveraine.

Violations des droits humains : l’Africa Corps visée par des accusations graves au Mali

Violations des droits humains : des frappes de l’Africa Corps font huit morts civils au Mali

Une enquête approfondie menée par une organisation internationale de défense des droits humains révèle des violations graves du droit international au centre du Mali. Selon les conclusions, des frappes aériennes attribuées à l’Africa Corps, une entité placée sous l’autorité du gouvernement russe, auraient coûté la vie à huit civils, dont trois enfants, lors d’un raid illégal survenu le 15 juin dernier.

Les investigations montrent qu’un appareil de type Soukhoï Su-24, conçu en Russie, a ciblé le village de Kyrnia, situé dans la région de Mopti. Les impacts ont atteint la résidence du chef local ainsi qu’un marché aux bestiaux, sans épargner les passants. Aucun combattant islamiste n’a été touché lors de cette opération controversée.

Ces actes constituent une violation flagrante des conventions de guerre, selon les experts de cette ONG. « L’Africa Corps a délibérément ignoré les principes fondamentaux du droit des conflits armés », a déclaré une chercheuse spécialisée sur la zone sahélienne. Elle pointe du doigt la responsabilité partagée du gouvernement malien, accusé d’avoir « légitimé ces exactions en s’alliant à Moscou sans contrôle ».

Pour étayer ses allégations, l’organisation s’est appuyée sur une méthodologie rigoureuse : 19 témoignages recueillis entre fin juin et mi-juillet, des analyses d’images satellites, une vidéo officielle de l’Africa Corps et des clichés transmis par un groupe armé. Ces éléments confirment que les frappes ont été menées sans discernement, exposant des civils à un danger disproportionné.

Le droit international humanitaire, en vigueur au Mali, prohibe explicitement les attaques visant des populations civiles ou des infrastructures non militaires. Toute opération susceptible de causer des dommages collatéraux excessifs est également condamnable. Pourtant, les faits survenus à Kyrnia illustrent une répétition de ces pratiques interdites.

« Le régime en place à Bamako ne peut se soustraire à ses obligations légales », a-t-elle ajouté, exigeant la mise en place d’une enquête transparente pour faire la lumière sur ces crimes de guerre. L’appel vise notamment à examiner l’ensemble des exactions commises sur le territoire malien, y compris les opérations aériennes controversées de Kyrnia.

Depuis le départ des forces françaises et des Casques bleus onusiens, les autorités maliennes, dirigées par le colonel Assimi Goïta, ont intensifié leur collaboration avec la Russie. Cette alliance sécuritaire, présentée comme un rempart contre le terrorisme, soulève désormais des questions pressantes sur le respect des droits humains dans la lutte antijihadiste.